L'auteur de 40 ans est récompensé pour son deuxième roman, quatre ans après le premier "Aux animaux la guerre", déjà salué par la critique. Une consécration rapide pour un écrivain qui a longtemps douté d'avoir choisi la bonne voie.

Nicolas Mathieu, lauréat au Prix Goncourt 2018 (sur le plateau de l'émission télévisée La Grande Librairie, sur France 5, le 11 juillet 2018)
Nicolas Mathieu, lauréat au Prix Goncourt 2018 (sur le plateau de l'émission télévisée La Grande Librairie, sur France 5, le 11 juillet 2018) © AFP / Eric Fougere/Corbis

Fresque politique et sociale, et roman d'apprentissage sur l'adolescence, "Leurs enfants après eux" nous emmène en 1992, dans l'est de la France. C'est là que vit le personnage principal, Anthony, dans une ancienne région industrielle socialement sinistrée, "la France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans", comme le décrit l'éditeur Actes Sud.

Nicolas Mathieu connait bien cette France-là, il y est né en 1978, à Épinal dans les Vosges. Après un mémoire universitaire sur le réalisateur américain Terrence Malick, il travaille comme journaliste pour un site d'information locale.

Premier essai, premier succès

Ce n'est qu'en 2014 qu'il sort son premier roman, "Aux animaux la guerre", qui rencontre un énorme succès critique : prix Erckmann-Chatrian, prix Mystère de la critique, prix du roman au Festival du goéland masqué, et enfin une adaptation en série télé sur France 3.

Ce succès le conforte dans son nouveau choix de carrière. Avec le Goncourt pour son deuxième roman sorti en août dernier, Nicolas Mathieu est définitivement reconnu comme un grand écrivain. "Leurs enfants après eux" l'éloigne du roman policier qui caractérisait son premier ouvrage, pour suivre l'évolution d'une poignée d'adolescents au fil de quatre étés (92, 94, 96 et 98).

Coincés dans une ville fictive (Heillange), ils tenteront de dépasser leur condition sociale et de couper leurs attaches avec ce territoire à l'ombre des hauts-fourneaux rendus muets.

L'année dernière, c'est Éric Vuillard qui avait obtenu le Goncourt pour "L'ordre du jour".

Le Goncourt marque, avec le Renaudot (attribué cette année à Valérie Manteau pour "Le sillon"), la fin des prix littéraires annuels. Le prix Médicis a été attribué à Pierre Guyotat, le Femina à Philippe Lançon.

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