Pour les 70 ans des aventures de Blake et Mortimer, le scénariste Yves Sente et le dessinateur André Juillard offrent une intrigue inattendue autour de la vie de Shakespeare.

Détail de la couverture du Testament de William S.
Détail de la couverture du Testament de William S. © Yves Sente et André Juillard / Dargaud

Shakespeare a-t-il bien existé ? Est-ce lui ou un duo d'écrivains qui a créé Hamlet, Macbeth et autres chefs d’œuvres du théâtre mondial ?

C’est à partir de ces questions, et de la violente polémique qu'elles suscitent entre deux clubs d'admirateurs du dramaturge anglais, que se tisse l’histoire du nouvel album deBlake et Mortimer. Entre Venise, où est découvert dans le sous-sol d’un palais un mannequin mystérieux, et Kensington Gardens à Londres, où les Teddys sévissent en détroussant les riches passants, l’enquête, à la fois littéraire et policière, est aussi vivante que passionnante.

Yves Sente :

Shakespeare est encore un personnage emblématique pour les Anglais de 2016. Comme il y a très peu de sources, qu'il a laissé peu de choses de lui, et même qu'entre 1585 et 1592, il disparaît : c'est le bonheur du scénariste. Mais le plaisir de l'écriture, quand on joue avec l'histoire, c'est de respecter ce que l'on sait, pas de la transformer... En 150 ans, les historiens ont attribué la paternité de Shakespeare à 80 personnalités. Faire la 81e n'a pas d'intérêt. Il faut essayer une piste différente...

Yves Sente :

L'absence d'Olrik est une contrainte volontaire que je m'impose. Je trouve que c'est un personnage embarrassant. Déjà Edgar P. Jacobs avait tenté de s'en débarrasser dans Le Piège diabolique, mais les lecteurs lui avait reproché, et il avait été prié par l'éditeur de le remettre dans le récit. Si dans une série d'aventures, le "méchant" est toujours le même, avec le temps, il se ridiculise.

André Juillard :

Blake et Mortimer, c'est comme une famille...

La leçon de dessin d'André Juillard

Dans cette vidéo, le dessinateur explique comment il dessine le personnage "Mortimer"... et comment, parfois, ce n'est pas si facile de garder un personnage ressemblant d'une case à l'autre...

Feuilletez quelques pages

Références

Les aventures de Blake et Mortimer, Tome 24 : Le Testament de William S. par Yves Sente et André Juillard, d’après Edgar P. Jacobs publié chez Dargaud - Le livre existe aussi en version Strip, et comme ce format apporte une belle lisibilité, ne pas hésiter à le lire dans cette version.

► A lire aussi : L’Héritage Jacobs de Jean-Luc Cambier et Eric Verhoest : un bel ouvrage, ultra complet, pour tout savoir sur le devenir des personnages de l'auteur belge après sa disparition et le travail des 9 scénaristes et dessinateurs qui ont prolongé son œuvre.

Les premiers albums de Blake et Mortimer

Nés dans Le journal de Tintin en 1946, Blake et Mortimer font partie de la longue liste de héros qui continuent d’être publiés encore aujourd’hui. Les aventures des célèbres gentlemen britanniques démarrent dès le premier numéro du Journal de Tintin en septembre 1946.

L'auteur, E.P. Jacobs, un ancien chanteur d’opéra, proche d'Hergé, prépublie la première histoire : Le secret de l’Espadon.

La série, très marquée par le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et des débuts de la guerre froide, met en scène Sir Francis Blake, militaire de la Royal Air Force devenu espion au service de sa majesté et son ami le professeur Philip Mortimer, spécialiste en physique nucléaire, souvent confrontés à leur grand ennemi, le colonel Olrik

Entre uchronie et science-fiction, la série verse parfois dans l’aventure historique comme dans Le Secret de l'Espadon, voire archéologique, ésotérique et scientifique (Le Mystère de la grande pyramide, L'Énigme de l'Atlantide ou Le Piège Diabolique). D'autres intrigues penchent plutôt vers le roman policier ou d’espionnage dans l'Angleterre des années 50-60, comme La Marque jaune, ou S.O.S Météores. Au total, huit aventures de Blake et Mortimer vont être publiées jusqu’en 1972 dans Le journal de Tintin.

Aller + loin

Un épisode du dessin animé : Blake et Mortimer : Le secret de l’espadon

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