Quinze ans après "La Horde du Contrevent", voici "Les Furtifs", le nouveau et volumineux roman d'Alain Damasio. Un roman dystopique et anticapitaliste, qui nous promet le pire en nous plongeant dans un futur où le numérique a raison de nos existences… Qu'en ont pensé vos fidèles critiques du Masque & la Plume ?

Alain Damasio
Alain Damasio © Maxppp / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Le livre résumé par Jérôme Garcin

Dans la France de 2040, la surveillance est totale, les riches écrasent davantage les pauvres et les grandes villes sont privatisées : Paris par LVMH, Cannes par Warner et Orange par Orange. Chaque Français porte une bague où sont numérisées toutes ses données personnelles. Quant aux "Furtifs" du titre, ce sont les nouveaux Robin des Bois, qui réussissent à échapper au contrôle généralisé et créent des ZAG (zones autogouvernées). Tout le roman, dont la typographie est adaptée à chaque personnage, raconte comment un couple va tenter de retrouver sa fille unique de quatre ans, disparue un matin… furtivement.

Arnaud Viviant : "magnifique visuellement"

AV : "Premier étonnement, c'est la première fois que mon fils me demande si je peux garder ce livre. Je m'y suis donc plongé avec grand intérêt, d'autant que je n'avais lu aucun livre d'Alain Damasio. C'est un véritable poète. Cela m'a fait penser à ce qu'aurait pu faire Maurice G. Dantec, en moins violent peut-être". 

Au début, j'étais assez captivé et je me suis arrêté car, au bout d'un moment, Alain Damasio se regarde écrire, ce qui devient extrêmement fatiguant.

"Ce que j'ai le moins aimé, ce sont les furtifs. Je me sentais un peu infantilisé car il s'agit, en réalité, d'un petit commando qui n'est pas sans rappeler "SOS fantômes". Il y a des incohérences, si charmantes soient-elles, conjuguées avec de très belles idées, une innovation typographique que je trouve remarquable tant chaque personnage a une typographie qui se mêle à la véritable typographie. C'est ce qui donne un aspect extrêmement étrange au texte et qui fait que c'est magnifique visuellement". 

Olivia de Lamberterie : "c'est très bizarre"

OL : "J'ai essayé... J'ai commencé la fleur au fusil... C'est assez indigeste."

Ce n'est pas un pavé, c'est une brique qui pèse 200 kg. 

"Il y a une chose que j'aime beaucoup : on est tous tracés d'une manière ou d'une autre, mais on est volontaire finalement car tout le monde a un portable

Je trouve qu'il décrit bien ce qu'il appelle "le techno-cocon" et "le self-serf service". 

"Le livre bascule d'une dystopie à une utopie car, finalement, ce qui en ressort, c'est que, ce qui nous sauve, c'est que nous sommes des humains. Et, par rapport aux livres de science-fiction où on était sauvé par l'Homme artificiel, là c'est comme si seule une régression pouvait nous sauver".

Jean-Claude Raspiengeas : "une puissance poétique"

JCR : "J'ai aimé, j'étais enthousiasmé. Ce livre est fascinant et hypnotique. Tout m'a emballé, tout m'a bluffé, saisi, tant c'est extraordinaire d’enchaînements. C'est le stade ultime de l'aliénation sous toutes les formes. J'ai été touché par la façon dont il arrive à enchâsser l'histoire de cette quête éperdue d'une enfant perdue par ses parents au milieu de ce délire de science- fiction, extraordinairement maîtrisé, d'une puissance poétique à toutes les pages". 

Alain Damasio a une façon de renouveler les mots telle qu'il y a, chez lui, quelque chose de l'ordre de l’imaginaire foisonnant, avec des idées poétiques à chaque phrase. 

"Je ne le lâchais pas, c'est pourquoi, je vous encourage à le lire, c'est une expérience de lecteur que je n'avais jamais eue : autant philosophique que métaphysique, que spirituelle, qu'artistique, qu'esthétique, que physique parce qu'il teste notre résistance de lecteur". 

Patricia Martin : "c'est désespérant et paniquant"

PM : "Je suis très malheureuse, j'en suis sortie plombée. Cela ne m'a pas touchée, je suis restée totalement extérieure".

Ce n'est pas du tout de la science-fiction, c'est la réalité, c'est l'humanité telle qu'est aujourd'hui.

"Toutefois, le style est formidable, avec des dialogues très vrais, des descriptions très élaborées. Il sait jouer avec le temps, il connait son conditionnel au passé". 

Aller plus loin

Ecoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre : 

12 min

"Les Furtifs" d'Alain Damasio : les critques du Masque et la Plume

📖 LIRE - Le nouveau roman d'Alain Damasio est à retrouver chez La Volte. 

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, littérature ou théâtre.  

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.