Deux ans après l’immense succès de "La Tresse", Laetitia Colombani signe "Les Victorieuses" : l'histoire d'une avocate parisienne qui, après être tombée en dépression, lutte contre elle-même en intégrant un foyer pour femmes en difficulté. Le livre est très loin d'avoir convaincu les critiques du "Masque & la Plume"..

Laetitia Colombani, mai 2018
Laetitia Colombani, mai 2018 © AFP / LEEMAGE

Le livre présenté par Jérôme Garcin

Solène, une avocate parisienne, est victime d’un burn-out après le suicide d’un de ses clients. Son psy lui conseille de s’orienter vers le bénévolat. Solène devient alors écrivain public qui exerce son talent au Palais de la Femme, foyer pour femmes en détresse créé en 1926, à Paris, par Blanche Peyron, capitaine de l’Armée du Salut, qui est l’autre personnage du roman.

Jean-Claude Raspiengeas : "Il n'y a pas de style"

JCR : "Il s'agit de littérature populaire, c'est un roman sur la compassion, l'entraide, la solidarité. Au début, malgré la description de la dépression et la crise du sens de l'existence dont est victime cette avocate, ce n'est pas trop mal, sauf qu'une histoire ne se fait pas sans un style et là, en l'occurrence, il y en n'a pas".

Le problème, c'est qu'il est gluant de bons sentiments, avec des phrases toutes faites. C'est tartiné de moralité. 

"La précarité exponentielle des femmes dans la société aujourd'hui, qui est un sujet sérieux, eh bien on se demande comment on peut faire de la guimauve avec un sujet pareil. D'ailleurs, est-ce qu'il est possible que les romanciers arrêtent de faire rire leurs personnages à toutes les phrases ? On est là face à une tendance actuelle qui fait qu'au lieu d'écrire de bons romans, un certain nombre d'écrivains alignent des lieux communs, des histoires invraisemblables, et le plus inquiétant, c'est que cela marche et que les éditeurs y prêtent leur concours.

En revanche, elle possède le sens du mélodrame social, et la manière dont elle navigue entre 1925 et aujourd’hui est étonnant".

Patricia Martin : "C'est racoleur"

PM : "C'est racoleur. Qu'elle veuille dresser le portrait d'une winneuse actuelle, certes, mais qu'elle le fasse avec de vraies armes, de la vraie littérature, des mots et non pas avec cet espèce de truc qui tombe sur les pieds ! 

Là où j'ai trouvé que c'était franchement indécent, c'est lorsqu'elle évoque les attentats du 13 novembre et qu'elle pense à tous ces gens qui étaient là et qui n'arrivent pas à se lever le matin. Il faut déjà lui rappeler que certains n'arriveront plus jamais à se lever le matin, et que ceux qui peuvent encore le faire méritent un peu plus que les trois phrases d'une pauvreté encensée qu'elle ose écrire."

Olivia de Lamberterie : "C'est un gâchis, un raté total"

OL : "C'est comme dans la vie, lorsque vous avez le sentiment du déjà-vécu en permanence". 

L'écriture est tellement prévisible que vous pouvez en finir les phrases dès le premier chapitre. 

"J'ai trouvé cela dégoûtant alors que c'est vraiment un vrai sujet. C'est un gâchis, un raté total". 

Arnaud Viviant : "totalement sec"

AV : "Beaucoup moins bien que La Tresse, bâti sur un rythme de trois histoires mêlées. On est là dans un rythme binaire, avec deux histoires. Concernant les traductions, on a l'impression qu'il a été écrit par une machine alors qu'il est supposé parler de sentiments profonds : d'injustice, d'égalité, de ce qu'il y a de pire dans le comportement humain". 

C'est écrit sans aucun affect dans chacune des phrases, c'est totalement sec. 

Aller plus loin

Ecoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre :

7 min

"Les Victorieuses " de Laetitia Colombani : les critiques du Masque et la Plume

📖 LIRE - Le nouveau roman de Laetitia Colombani est à retrouver chez Grasset. 

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, littérature ou théâtre. 

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