Début juin prochain, le jury du Prix du Livre Inter, sous la présidence de Dany Laferrière désignera son lauréat. Ils sont dix auteurs sélectionnés. Découvrez-les.

Les livres sélectionnés
Les livres sélectionnés

Depuis près de cinquante ans, c'est l'un des prix littéraires les plus respectés et les plus appréciés des auteurs. Après des délibérations qui seront sans nul doute vives et passionnées, le 7 juin il n'en restera qu'un. 

Découvrez la sélection et feuilletez les 10 romans en lice cette année.

"Héritage" de Miguel Bonnefoy (Rivages)

Né en France d'une mère diplomate sud-américaine et d'un père romancier chilien, Miguel Bonnefoy a grandi au Portugal. Miguel Bonnefoy est l’auteur de deux romans très remarqués, Le Voyage d’Octavio (Rivages poche, 2016) et Sucre noir (Rivages poche, 2019). Ils ont tous deux reçu de nombreux prix et ont été traduits dans plusieurs langues.

L'histoire : La maison de la rue Santo Domingo à Santiago du Chili, cachée derrière ses trois citronniers, a accueilli plusieurs générations de la famille des Lonsonier. Arrivé des coteaux du Jura avec un pied de vigne dans une poche et quelques francs dans l’autre, le patriarche y a pris racine à la fin du XIXe siècle. Bien des années plus tard, un drame sanglant frappera les Lonsonier. Emportés dans l’oeil du cyclone, ils voleront ensemble vers leur destin avec, pour seul héritage, la légende mystérieuse d’un oncle disparu.

"Buveurs de vent" de Franck Bouysse (Albin Michel)

Franck Bouysse est né à Brive la Gaillarde en 1965. Il a enseigné la biologie pendant 30 ans. Il a  publié une dizaine de romans, dont Grossir le ciel - 2016, et Né d’aucune femme en 2019. Buveurs de vent est son premier roman publié aux Editions Albin Michel. Il vit en Corrèze.

Mes personnages prennent possession de moi et je les laisse faire. Moi, quand j’écris, je m’absente.

L'histoire : Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien. Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid…

"Saturne" de Sarah Chiche (Seuil)

Sarah Chiche est écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste. Elle est l'auteur de plusieurs romans : L'Inachevée (Grasset, 2008), L'Emprise (Grasset, 2010) ou Les enténébrés (Seuil 2019) et de trois essais : Personne(s), d’après Le Livre de l'Intranquillité de Fernando Pessoa (Éditions Cécile Defaut, 2013), Éthique du mikado, essai sur le cinéma de Michael Haneke (PUF, 2015), Une histoire érotique de la psychanalyse : de la nourrice de Freud aux amants d'aujourd'hui (Payot, 2018).    

On ne fait pas son deuil : on fait avec le deuil, on est fait par le deuil.

L'histoire : Automne 1977 : Harry, 34 ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au coeur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. 

"Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Toledo (Verdier)

Camille de Toledo est écrivain, docteur en littérature comparée. Il enseigne à l’Atelier des écritures contemporaines de l’ENSAV (La Cambre), à Bruxelles. Il est lauréat de la Villa Medicis (2004) et de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature (2019). Il écrit également pour l’opéra, La Chute de Fukuyama (2013) et pour le théâtre, Sur une île sur la tragédie d’Utøya, ou le diptyque PRLMNT sur la chute de l’Union européenne et la recomposition politique grâce à des institutions inter-espèces, où les milieux, les écosystèmes seront reconnus comme sujets de droit.     

J'aime bien les livres qui me nettoient les yeux

L'histoire : En 2012, Thésée quitte "la ville de l’Ouest" et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d’archives, laisse tout en vrac et s’embarque dans le dernier train de nuit vers l’est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape…

"Un jour ce sera vide" de Hugo Lindenberg (Christian Bourgois)

Journaliste et fondateur du magazine NEON en 2012, Hugo Lindenberg est aujourd’hui journaliste indépendant. Un jour sera vide est son premier roman.

Ce qui m’intéresse avec l’enfance, c’est que c’est un moment particulier où l’identité n’est pas encore fixée, où on ne sait pas très bien ce qui est à soi, ce qui est aux autres, ce qui tient de l’événement ou de la personnalité.

L'histoire : C’est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l’enfance où tout se vit intensément, où l’on ne sait pas très bien qui l’on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d’une guerre qu’il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d’autant plus forte qu’elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l’image d’un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.

Miguel Bonnefoy © Patrice Normand | Franck Bouysse © Opale | Sarah Chiche © Manuel Lagos Cid | Camille de Toledo © Tonatiuh Ambrosetti | Hugo Lindenberg © Alexandre Guirkinger
Miguel Bonnefoy © Patrice Normand | Franck Bouysse © Opale | Sarah Chiche © Manuel Lagos Cid | Camille de Toledo © Tonatiuh Ambrosetti | Hugo Lindenberg © Alexandre Guirkinger

"La vengeance m'appartient" de Marie NDiaye (Gallimard)

Marie NDiaye est l’une des rares dramaturges vivantes à être entrée au répertoire de la Comédie française. Elle est l’auteure d’une vingtaine de livres – romans, nouvelles et théâtre. Elle a obtenu le prix Femina en 2001 et le prix Goncourt en 2009.

Je n'entreprends jamais un nouveau roman sans avoir rêvé autour d'une image. Ici deux personnages, une femme sur son lieu de travail et un homme qui entre dans ce bureau.

L'histoire : Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze, mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion. Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce… Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

"Là où nous dansions" de Judith Perrignon (Rivages)

Judith Perrignon est journaliste, romancière et essayiste. Après avoir travaillé pour Libération, elle est désormais journaliste indépendante, et collabore notamment avec M le Magazine du Monde, et France Culture. Elle est l’auteure de plusieurs textes inclassables, entre la biographie, l’essai et le roman, tels que C’était mon frère : Théo et Vincent van Gogh (L’Iconoclaste, 2006), Les Faibles et les Forts (Stock 2013), Victor Hugo vient de mourir, (L’Iconoclaste, 2015), L’Insoumis (sur Muhammad Ali, Grasset, 2019) ou L'Amour d'après, un récit écrit avec Marceline Loridan-Ivens (Grasset, 2018).

Ce qui me fait écrire, c'est souvent l'envie de dire des choses politiques. Je suis une enfant des années 70, mes parents étaient très militants : la force que je sentais chez les adultes vient du militantisme.

L'histoire : Detroit, 2013. Ira, flic d’élite, contemple les ruines du Brewster Douglass Project où s’est déroulée son enfance. Tant d’espoirs et de talents avaient germé entre ces murs qu’on démolit. Tout n’est plus que silence sous un ciel où planent les rapaces. Il y a quelques jours, on y a découvert un corps – un de plus. Pour trouver les coupables, on peut traverser la rue ou remonter le cours de l’Histoire. Quand a débuté le démantèlement de la ville, l’abandon de ses habitants ?

"Comédies françaises" d'Eric Reinhardt (Gallimard)

Romancier et éditeur d’art, Éric Reinhardt, né à Nancy en 1965, vit et travaille à Paris. De lui, les Éditions Gallimard ont déjà publié, en Folio, Existence et Le système Victoria, et dans la collection Blanche L’amour et les forêts, La chambre des époux et Comédies françaises.

J'ai voulu faire se correspondre la question de l'instant décisif dans une vie, avec le destin des civilisations et des rapports de forces internationaux.

L'histoire : Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de 27 ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs. Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974. Les investigations de Dimitri l’orientent rapidement vers un puissant industriel dont le brillant et sarcastique portrait qu’il en fait met au jour une "certaine France" et le pouvoir des lobbies.

"Le pont de Bezons" de Jean Rolin (P.O.L.)

Journaliste, Jean Rolin réalise pour l'essentiel des reportages, entre autres pour Libération, Le Figaro, L'Événement du jeudi, Lui, Le Monde ou encore Géo. Écrivain, il est l'auteur de récits de voyage, de chroniques, de souvenirs, de romans et de nouvelles. 

Il a reçu de nombreux prix dont le prix Médicis pour son roman L'Organisation en 1996.

Je ne pense pas que mon livre sue le malheur, bien qu'il reflète certaines formes du malheur humain : j'espère que c'est un livre raisonnablement joyeux.

L'histoire : "Heureux qui a vu le jour se lever sur le pont de Bezons". C’est la première phrase de ce roman dont le projet consiste "à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu". Mais très rapidement, ces déambulations prennent des allures de petite odyssée sur les berges du fleuve, au cœur de banlieues bousculées, parcourant des espaces fracassés, des friches et des zones industrielles.

"L'ami" de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser)

Tiffany Tavernier est romancière et scénariste. Née en 1967, elle est la fille de la scénariste Colo Tavernier et du réalisateur Bertrand Tavernier. Son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999 ; Points, 2000), retrace son expérience dans les mouroirs de Calcutta, à dix-huit ans. Depuis lors, elle n’a cessé de voyager de par le monde, notamment en Arctique, où elle situe son roman suivant, L’Homme blanc (Flammarion, 2000 ; Points, 2001). 

Son roman, Roissy, a été sélectionné pour le prix Femina 2018. L'Ami est son neuvième roman.

Quand je commence à écrire, j’ai une sorte d’effroi, je me retrouve dans un état de stupeur, un peu comme celui de mon personnage. La page blanche, c’est quand même une sidération, une peur panique. 

L'histoire : Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu’il s’apprête à partir à la rivière. La scène qu’il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance. Tout va très vite, et c’est en état de choc qu’il apprend l’arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s’est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche.

Marie Ndiaye © F. Mantovani | Judith Perrignon © Marcello Mencarini / AFP | Eric Reinhnardt © F. Mantovani | Jean Rolin © Bamberger | Tiffany Tavernier © Marco Castro
Marie Ndiaye © F. Mantovani | Judith Perrignon © Marcello Mencarini / AFP | Eric Reinhnardt © F. Mantovani | Jean Rolin © Bamberger | Tiffany Tavernier © Marco Castro
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