Dans son livre "La Dernière des Stanfield", Marc Levy évoque le regret ne pas avoir posé plus de questions à ses parents. Au micro de Nagui, il explique pourquoi… et se raconte.

Marc Levy se raconte au micro de Nagui sur le plateau de la Bande originale de France Inter
Marc Levy se raconte au micro de Nagui sur le plateau de la Bande originale de France Inter © Maxppp / /LE PARISIEN

Le nouveau roman de Marc Levy s’appelle La Dernière des Stanfield. L’héroïne, Eleanor-Rigby, part en quête du passé inconnu de sa mère adorée et récemment décédée. Le roman fait parfois écho à la vie personnelle de son auteur, Marc Levy : l’allusion aux Justes, le questionnement autour de la filiation

Le père du fameux romancier était lui-même écrivain : Raymond Levy avait écrit en 1977 Schwartzenmurtz ou l’esprit de parti. L'homme était aussi résistant, comme Marc Levy l’a découvert à 20 ans. Il se raconte au micro de Nagui, avec émotion.

Raymond Levy, alias "Jeannot", résistant pendant la seconde guerre mondiale

Marc Levy : "Quand on parle de secret de famille on pense toujours aux secrets négatifs… Dans ma vie j’ai découvert un secret positif : que mon père avait été un grand résistant. Il n’avait jamais voulu nous en parler. À chaque fois qu’on avait suspecté des choses, il les niait en disant que ce n’était pas lui.

À 20 ans, un copain de mon père m’a invité chez lui ; il était en train de travailler sur le procès de Klaus Barbie. Il y avait les reproductions des cahiers de la police de Lyon et il m’a dit :

Voilà. Tu peux t’asseoir à la table et les lire : ce sont les mains courantes de la police. À chaque fois que tu verras le nom de Jeannot, c’est ton père.

J’ai ouvert la première page, il y avait marqué « Aujourd’hui, Jeannot a fait exploser sept locomotives en gare de Toulouse Matabiau ».

Jeannot c’était son nom de résistant".

Une biographie de Marc Levy en filigrane dans son dernier roman

Marc Levy a demandé à son père pourquoi il n'avait jamais parlé de son passé de résistant…

- Qu’est ce que tu voulais que je te dise ?

- Quand j’étais à l’école j’aurais aimé savoir que tu avais été un héros.

- Mais moi, la seule chose dont je veux que tu te souviennes plus tard, c’est que j’ai été ton père.

Pour Marc Levy :

C’est une leçon d’humilité que vous gardez toute votre vie.

Il dit aussi :

Aujourd’hui, il y a plein de questions, je me gifle de ne pas les avoir posées à mon père.

C'est sans doute pourquoi, dans La Dernière des Stanfield, il fait dire à son héroïne Eleanor-Rigby, quand elle s’interroge elle-même et qu’elle en sait si peu au sujet de sa propre mère :

Moi je me vantais à l’école que tu étais ma meilleure copine et que je pouvais tout te dire, et je me rends compte que toi tu ne m’as rien dit. Et que je ne t’ai posé aucune question. J’avais le livre de ma mère sous les mains, je ne l’ai pas lu et maintenant il s’est refermé, on ne peut plus l’ouvrir.

Et quand, dans le livre, Georges-Harrison demande : "Pourquoi ne les as-tu pas posées ?"

Eleanor-Rigby répond : "Parce que je crois que je voulais être toute seule sur la scène de mon enfance. Je ne voulais pas que mes parents viennent y faire de l’ombre.

Parce que, pour Marc Levy, "Il y a un rapport d’égoïsme par rapport à nos propres parents". Et s'il le raconte dans ses livres... Peut-être qu'un jour en parlera-t-il dans une biographie, qui sait ?

Aller plus loin

► ECOUTEZ | Marc Levy sur le plateau de la Bande Originale

► LIRE | La Dernière des Stanfield, de Marc Levy, publié chez Robert Laffont

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