Quatre ans après "Réparer les vivants", Maylis de Kerangal nous plonge une nouvelle fois dans un corps de métier et nous révèle toute sa technicité : "Un monde à portée de main" emmène le lecteur dans la vie d'une spécialiste du trompe-l’œil. Qu'ont pensé les critiques du Masque et la Plume de ce roman ?

Maylis de Kerangal publie un nouveau roman "Un monde à portée de main" aux éditions Gallimard
Maylis de Kerangal publie un nouveau roman "Un monde à portée de main" aux éditions Gallimard © AFP / Françoise Guillot

Le livre résumé par Jérôme Garcin

Un roman sur le trompe-l’œil dont la jeune héroïne est Paula Karst. Elle intègre, en 2007, l’Institut supérieur de la peinture, à Bruxelles, où elle découvre l’art de reproduire les minéraux, les végétaux, les animaux. Elle noue une relation avec son colocataire, Jonas, qui est peintre en décor et avec une autre étudiante, l’écossaise Kate.

Après avoir obtenu son diplôme, Paula va exercer son métier à Paris, à Moscou sur le tournage d’Anna Karenine, à Cinecittà où elle travaille au décor de Habemus Papam de Moretti, jusqu’au projet de reconstitution de la grotte de Lascaux, ce « fac-similé ultime »... 

Un roman d’apprentissage, où il est beaucoup question du vrai et du faux.  

Pour Arnaud Viviant, c'est "un roman en trompe-l'œil"

AV : On commence à comprendre que Maylis de Kerangal veut être romancière de la technique.

Elle a déjà écrit un livre qui s'appelle Naissance d'un pont et là on a la naissance d'un poncif.

Elle s'introduit dans des corps de métiers. C'est un roman technique, sur la technique. Le roman lui-même est technique dans la phrase. Elle écrit un roman en trompe-l’œil, avec des choses un peu lourdingues. Mais il manque l'impulsion romanesque, les personnages n'existent pas vraiment. 

Frédéric Beigbeder a réussi pour la première fois à terminer l'un de ses livres !

FB : Pour moi l'héroïne existe, elle est même attachante.

Je n'avais jamais réussi à terminer un livre de Maylis de Kerangal, bonne nouvelle cette fois-ci j'ai réussi.

J'ai beaucoup aimé la fin. Je suis plus épatée que la fois d'avant.

Nelly Kapriélan est restée complètement insensible à Maylis de Kerangal

NK : Je n'ai pas lu la fin. Je suis affligée par la vacuité de la littérature et du propos. 

Je n'ai jamais vraiment accroché.

Elle montre de façon khâgneuse qu'elle a révisé et qu'elle a ses fiches. Je trouve que c'est une caricature. Je n'ai jamais compris ce succès planétaire de Maylis de Kerangal qui est même recommandée par des auteurs étrangers.

Pour Michel Crépu, elle est l'une des seules à s'attaquer à la technique dans le roman

MC : La démarche m'intéresse. Je partage pas mal de choses qui viennent d'être dites mais le projet m'intéresse. On part d'une chambre d'ado et on arrive à la grotte de Lascaux.

L'ensemble du livre, qui est plein de choses qui m'ont gêné, qui m'ont ennuyé, montre, malgré tout, une démarche qui reste à mes yeux intéressante. L'histoire de la technique, traitée dans le champ du roman en France, Maylis de Kerangal est pratiquement toute seule à essayer de le faire.

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"Un monde à portée de main" de Maylis de Kerangal : les critiques du Masque & la Plume

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Un monde à portée de main, de l'écrivaine française Maylis de Kerangal, est paru aux éditions Gallimard, en juin 2018

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Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

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