En période de crise sanitaire, certaines écoles vont privilégier les cours à distance. Des étudiants s'interrogent donc sur l'intérêt de prendre un appartement pour septembre. Surtout à Paris, où le coût du logement est toujours aussi élevé.

Comme chaque année, le loyer est le principal poste de dépense, souligne la Fage, le principal syndicat étudiant.
Comme chaque année, le loyer est le principal poste de dépense, souligne la Fage, le principal syndicat étudiant. © Getty / SilentWolf

La rentrée universitaire approche et une grande incertitude plane pour les étudiants : cours en présentiel ou pas ? Si les cours se font à distance, par visioconférence comme pendant le confinement, certains s’interrogent sur la pertinence de louer par exemple un logement à Paris, où le marché est extrêmement tendu et les loyers élevés. Une situation stressante pour beaucoup d'étudiants.

"Ça coûtait de toute façon trop cher de louer"

À Sciences Po Paris, des cours se feront à distance au 1er semestre. Emma, qui rentre en master, a donc choisi de ne pas louer d'appartement : "ça coûtait de toute façon trop cher de louer, surtout que si je voulais trouver un appartement convenable, il fallait que je m'y prenne en juin. Ça faisait payer tout l'été, plus 4 mois cet hiver, pour des cours que je peux suivre chez moi." D'autant plus qu'elle n'habite pas trop loin de Paris : "J'ai une heure / une heure et quart de transport, donc si j'ai besoin je peux faire l'aller-retour dans la journée."

Certains sont plus indécis comme Clara, qui s’apprête à commencer un master à l'ESCP, une école de commerce parisienne : "Avec la deuxième vague qui arrive peut-être, je ne sais pas si les cours seront en présentiel ou en distanciel. C'est ma grande interrogation : si ça vaut le coup que je prenne un appart ou pas."

"Après, ça va être trop compliqué de trouver un appartement"

Émile, lui, sait déjà qu'il suivra ses cours du mois de septembre en visioconférence. Mais pour son logement, il a décidé de jouer la carte de la sécurité : "J'ai hésité à intégrer mon appart, j'étais tenté de rester à Bordeaux dans ma famille pour éviter de payer le loyer du mois de septembre", témoigne le futur étudiant en économie à Paris-Dauphine. "Mais finalement, j'ai quand même pris un logement, car comme beaucoup d'étudiants rentrent en septembre, après ça va être trop compliqué de trouver un appartement." Selon les professionnels de l’immobilier, le nombre d’étudiants à la recherche d’un logement est globalement équivalent à celui de l’année dernière.

Comme chaque année, le loyer est le principal poste de dépense, absorbant 69% du budget mensuel des étudiants. Par rapport à l'an dernier, le loyer moyen passe de 522 euros par mois à 535 euros ( 2,41%), note la Fage, principal syndicat étudiant, dans un rapport que France Inter dévoilait lundi : "Une augmentation en partie freinée par la stagnation des loyers dans les résidences Crous", explique le syndicat. Le coût moyen de la rentrée 2020 s'établira lui à 2.361 euros, soit 76 euros de plus qu'en 2019.