C'est un espoir, réel, pour combattre la maladie d'Alzheimer. Pour la première fois, alors que depuis des années tous les essais sur des médicaments avaient échoué, le laboratoire américain Biogen annonce une avancée : une diminution des symptômes de la maladie.

Le siège de Biogen qui annonce vouloir déposer une demande d'autorisation pour un traitement contre la maladie d'Alzheime
Le siège de Biogen qui annonce vouloir déposer une demande d'autorisation pour un traitement contre la maladie d'Alzheime © AFP / Dominick REUTER

C'est une histoire comme il en arrive rarement dans le domaine de la recherche. En mars 2019, le laboratoire Biogen a annoncé l'abandon d'essais, menés sur 2 000 patients, portant sur un médicament pourtant très prometteur, car les résultats s'avèrent finalement négatifs. 

Résultat, immense déception dans le milieu de la recherche, avant un véritable coup de théâtre. De nouvelles données, qui n'avaient pas pu être étudiées avant la date d'arrêt, sur des patients qui avaient reçu la molécule testée à forte dose, présentent des conclusions pleines d'espoir. 

Mémoire, langage, orientation : des améliorations constatées

Aujourd'hui, le professeur Bruno Dubois, directeur de l'institut de la maladie d'Alzheimer à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris est encore soufflé : "Depuis que l'on travaille sur cette maladie, c'est la première fois qu'on a un médicament qui agit sur les lésions de la maladie, c'est à dire qui bloque le processus pathologique et qui agit sur les symptômes : les troubles cognitifs, c'est-à-dire la mémoire, le langage, l'orientation spatiale avec une amélioration de l'ordre de 27%."

Mais ce n'est pas tout : Bruno Dubois explique que le médicament agit aussi "sur les activités de la vie quotidienne et l'impact que cette maladie entraîne dans les activités de tous les jours. Là aussi, il y a une amélioration très significative, de l'ordre de 40% de l'autonomie des patients", poursuit-il.

Ces résultats, évidemment, remotivent les équipes. "Jusque-là, c'était une période de vaches maigres, on n'avait que des résultats négatifs. On est reparti vers des perspectives qui sont de nouveau vraiment positives", conclut le directeur de l'institut de la maladie d'Alzheimer. Ils ne vont pas se transformer tout de suite en médicament - la bataille n'est évidemment pas encore gagnée - mais le laboratoire va maintenant demander des autorisations de mise sur le marché aux États-Unis et en Europe

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