On voit de plus en plus de personnes en porter dans la rue. Les masques sont-ils vraiment utiles pour protéger le commun des mortels du coronavirus ? Pas vraiment... Ils servent plus à éviter de contaminer les autres. Les médecins conseillent plutôt une hygiène scrupuleuse des mains.

Le port du masque chirurgical est complètement inutile pour éviter d'être contaminé.
Le port du masque chirurgical est complètement inutile pour éviter d'être contaminé. © AFP / NurPhoto / Jérôme Gilles

Si l'épidémie de coronavirus n'a fait pour l'instant que deux victimes en France, beaucoup de questions se posent autour de sa propagation, tandis que plus de 300 cas de contaminations sont à déplorer chez nos voisins italiens. Des interrogations, il s'en pose encore plus sur les moyens à notre disposition pour nous protéger du Covid-19.

Si l'on croise de plus en plus de Français avec un masque dans la rue, nous avons cherché à comprendre s'il était utile ou pas d'en porter un et si oui, dans quels cas et avec quelles actions il faut combiner cette protection. Éléments de réponse avec l'aide de Philippe Vanhems, professeur d'épidémiologie et de santé publique à Lyon, responsable du service d'hygiène hospitalière et du contrôle des infections nosocomiales aux Hospices civils de Lyon. 

Dans quels cas faut-il porter un masque ?

Il y a deux situations principales dans lesquelles il est particulièrement utile et important de porter un masque de protection :

  • Les personnes infectées ou susceptibles de l'être doivent porter un masque pour éviter de contaminer les autres, 
  • Lorsque des personnes saines et non infectées comme des soignants sont à proximité d'autres personnes susceptibles de leur transmettre le virus.

En dehors de ces deux cas, il n'est pas utile de porter un masque, même si c'est dans un but préventif. En résumé, le masque est un faux signe de sécurité.  

Quel type de masque faut-il porter ?

Si l'on est concerné par l'un des deux cas précédemment cités, il y a plusieurs types de masques à porter, en fonction de la situation. Pour éviter de risquer de contaminer les personnes qui nous entourent, si l'on est malade ou susceptibles de l'être, il faut porter un masque chirurgical

Ces masques, dont la durée de vie ne dépasse pas les trois heures, empêchent la projection d'expectorations (postillons, toux, crachats) sur les personnes à proximité. Ils doivent être changés régulièrement, recouvrir le nez et la bouche. En revanche, si l'on n'est pas contaminé, ils ne protègent pas des autres. Inutile d'en superposer plusieurs comme on peut le lire parfois, ce ne sera pas plus efficace. "Si vous êtes en bonne santé, vous ne devez utiliser un masque que si vous vous occupez d’une personne présumée infectée par le 2019‑nCoV", tranche l'Organisation mondiale de la santé.

Les deux types de masques de protection recommandés.
Les deux types de masques de protection recommandés. © AFP / Kun Tian, Gal Roma

Pour les soignants ou personnes qui peuvent être proches de malades et de personnes contagieuses, il faut porter un type bien particulier de masque dit "FFP2". Leur inconvénient est "qu'ils sont difficiles à porter sur le long terme, au bout d'environ quatre heures", rendant parfois la respiration difficile, explique Philippe Vanhems. Autre désavantage, ils ne peuvent pas être retirés puis réutilisés car leur principe est de respirer à travers un filtre pour que les microbes et les virus restent bloqués à l'extérieur.  

Plutôt que porter un masque, quels gestes faut-il observer ?

"Il faut souligner l'importance d'une très bonne hygiène des mains, qui prévient d'une multitude d'infections", souligne le professeur lyonnais. "Cela fait partie d'un comportement responsable qui aidera au contrôle de la propagation du virus", poursuit-il. 

En effet, les autorités françaises comme l'Organisation mondiale de la santé recommandent de se laver très régulièrement les mains avec une solution hydroalcoolique, ou à l'eau et au savon afin de tuer le virus s'il est présent sur vos mains. Il existe une façon bien précise de se laver les mains, en insistant sur les paumes, le dos des mains, les ongles et entre les doigts et les pouces. Et ce avant de préparer un repas ou de passer à table, après avoir été aux toilettes, s'être mouché, avoir pris les transports en commun, etc. 

Le coronavirus se propage essentiellement par l'intermédiaire des gouttelettes émises lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue : elles sont trop lourdes pour voyager loin dans l'air. Mais une infection pourrait également se déclarer en se touchant les yeux, la bouche, ou le nez après avoir été en contact avec une surface contaminée, explique l'OMS, d'où l'intérêt d'un lavage régulier des mains. "On demande aux soignants de porter des lunettes de protection : au niveau de l’œil et de sa muqueuse, il peut y avoir un risque à ce niveau là", ajoute Philippe Vanhems. 

L'un des conseil élémentaire est aussi de se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude en cas d'éternuement ou de toux et de ne surtout pas laisser traîner les mouchoirs. 

Ce discours peut-il changer ?

Oui et non. "On ne reviendra pas sur l'utilité ou non de porter ou pas un masque", détaille le professeur Vanhems. Néanmoins, les consignes sur les gestes de prévention sont liés "à la prévalence"

"À l'heure actuelle, il est inutile de porter un masque pour se protéger dans la rue et il n'y a pas de sens à en généraliser le port. Le nombre de cas est bas et l'on est plus exposé au virus grippal qu'au coronavirus" 

Si la proportion de personnes susceptibles de porter le virus devient plus importantes, il faudra de fait porter des masques parce que la suspicion d'être infecté.e sera plus importance. 

"Personne ne s'avancera à dire que tout est figé. La situation peut évoluer en terme de mesures 'barrière' en fonction du nombre de cas et des contextes dans lesquels les personnes évoluent. Si le virus arrive dans les établissements de soins, par exemple, le port du masque peut devenir obligatoire pour les médecins et les infirmiers", conclut Philippe Vanhems. 

En cas de signes d’infection respiratoire (fièvre ou sensation de fièvre, toux, difficultés respiratoires) dans les 14 jours suivant votre retour de Chine (Chine continentale, Hong Kong, Macao), de Singapour, de Corée du Sud, ou des régions de Lombardie et de Vénétie en Italie, le gouvernement français demande de ne pas se rendre chez un médecin ni aux urgences mais d'appeler le 15 en signalant votre voyage. 

Pour connaître l’ensemble des informations et recommandations concernant le nouveau coronavirus Covid-19 par téléphone appelez le 0 800 130 000 tous les jours de 09h00 à 19h00.

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