Vendredi, la NBA organise un match de championnat en France, à Paris-Bercy. Un événement exceptionnel qui connait un réel engouement. La ligue américaine de basket "espère booster la vente des produits dérivés et tout ce qui touche aussi à l'économie numérique et au digital", analyse Didier Primault, économiste.

Les Bucks de Milwaukee affrontent les Charlotte Hornets vont s'affronter à l'Accor Arena de Bercy.
Les Bucks de Milwaukee affrontent les Charlotte Hornets vont s'affronter à l'Accor Arena de Bercy. © Maxppp / EPA/Newscom/Tannen Maury

C'est la grande attraction de l'année qui se déroulera vendredi soir à Paris-Bercy. Un match de NBA... mais pas un match amical ou de gala, non, un match de championnat délocalisé (si peu) qui opposera Milwaukee Bucks aux Charlotte Hornets, équipe dans laquelle évolue le français Nicolas Batum. C’est la première fois qu’un match de NBA est organisé en France et il a suscité un énorme engouement : plus de 100 000 demande de billets pour 16 000 places disponibles. Preuve de la popularité de la Ligue américaine en France, analyse Didier Primault, économiste au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges et spécialiste de ce championnat.  

FRANCE INTER : La France est-elle un marché important pour la NBA ?

DIDIER PRIMAULT : "En effet, principalement parce qu'il y a de très bonnes audiences à chaque fois qu'il y a eu des programmes télévisés liés à la NBA. Parce que c'est aussi un pays où la NBA, depuis très longtemps, vend ses produits de merchandising, et où il y a un vrai intérêt pour la NBA de façon générale. Sur ce match là, ça a été démontré une fois encore. Il y a longtemps que la France attendait un match de saison régulière. Je sais que le staff, même en étant conscient de tout ça, a été surpris de la vitesse à laquelle les places sont parties et du nombre de demandes qu'ils ont reçus. C'était au-delà de tout ce qu'ils avaient imaginé."

Pour les dirigeants de la NBA, un match comme celui de Bercy, c'est un moyen d'augmenter la notoriété du championnat en France ?

"Oui, ça fait partie de leur politique de diffusion de leurs produits à l'étranger et notamment pour tout simplement pouvoir permettre aux fans d'approcher les stars de la NBA, qui sont les éléments clés de cette stratégie de diffusion. C'est une chose, effectivement, de voir à la télévision ou de voir sur des matchs amicaux, c'est autre chose que de voir un match de saison régulière, ce que la plupart des fans dans le monde n'ont pas l'occasion de voir, même des Américains. 

Ils espèrent à la fois booster la vente des produits dérivés et tout ce qui touche aussi à l'économie numérique et au digital, puisque la NBA, comme les autres ligues américaines, est particulièrement offensive sur ce terrain-là et a une politique extrêmement pointue, sophistiquée et très efficace sur les réseaux sociaux et le digital de façon générale."

La NBA cherche à se développer au niveau international, mais pas seulement en Europe. Il y a vraiment une stratégie mondiale ?

"Il y a eu une évolution assez nette depuis depuis quatre ou cinq ans. Ça fait déjà longtemps que la NBA s'intéresse encore bien plus à l'Asie qu'à l'Europe et la France, par rapport au développement des ventes de ses produits. C'est l'une des premières ligues à avoir vraiment beaucoup investi en Chine, même s'ils ont connu quelques petits soucis ces derniers temps. 

Mais aujourd'hui, effectivement, la stratégie est beaucoup plus large que ça. C'est aussi l'Inde, l'Afrique avec le lancement de l'Africa Basketball League. Ce qui a changé, c'est que leur objectif n'est plus simplement de vendre des produits NBA, mais aussi de contribuer au développement de la pratique du basket. Ils ont aujourd'hui la conviction que le développement de la NBA passe aussi par celui de la pratique, le développement de joueurs qui viendront encore plus de tous les continents. C'est d'ailleurs aussi l'objectif de leurs académies, qu'ils ont développées dans sept endroits dans le monde."

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