Plus de 2 700 parties civiles, 350 avocats, 110 journées d'audience... Le procès du Mediator qui a commencé ce lundi 23 septembre à Paris s'annonce exceptionnel.

Le Mediator a été prescrit à près de 5 millions de Français jusqu'à son retrait du marché, il y a dix ans.
Le Mediator a été prescrit à près de 5 millions de Français jusqu'à son retrait du marché, il y a dix ans. © AFP / Fred Tanneau

C'est un procès monstre qui s'est ouvert lundi 23 septembre au tribunal de grande instance de Paris. Jusqu'en avril 2020, la justice va se pencher sur le scandale du Mediator, cet antidiabétique prescrit comme coupe-faim, retiré du marché en 2009 et tenu pour responsable de centaines de morts. L'aboutissement de neuf années de procédure, depuis les premières plaintes.

La salle d'audience principale du tribunal de Paris pour le procès du Médiator.
La salle d'audience principale du tribunal de Paris pour le procès du Médiator. © Radio France / Jean-Philippe Deniau

23 prévenus

Ce procès pénal voit comparaître 12 personnes physiques et 11 personnes morales, dont les laboratoires Servier ainsi que l'Agence nationale de sécurité du médicament (anciennement appelée Afssaps), une première dans ce type de scandale sanitaire. Elles sont jugées, selon les cas, pour homicides et blessures involontaires, tromperie, escroquerie, prise illégale d'intérêt, trafic d'influence. Un grand absent : Jacques Servier, fondateur des laboratoires qui portent son nom, et mort en 2014 à 92 ans.

2 777 parties civiles constituées

Face aux prévenus, un impressionnant bataillon de robes noires : 330 avocats, représentant les quelque 2 770 personnes qui se sont déjà constituées parties civiles. La plupart d'entre elles ne feront toutefois pas le déplacement. D'après la présidence du tribunal de grande instance de Paris, moins de 10% devraient assister aux audiences. "Les gens vont très peu venir car ils sont loin, désabusés, désargentés. Il faut trouver à tout prix des volontaires pour que ce ne soit pas un procès sans victime", estime Charles Joseph-Oudin, avocat de parties civiles.

110 journées d'audiences

Le procès se tient quatre après-midi par semaine, jusqu'au 30 avril 2020, soit 110 journées d'audience. Une durée exceptionnelle, qui équivaut à celle du procès de Maurice Papon, en 1997-1998. À elles seules, les plaidoiries devraient occuper 37 jours au planning, selon Sylvie Daunis, qui présidera la 31e chambre.

L'un des postes de visionnage des audiences à destination des 50 médias accrédités.
L'un des postes de visionnage des audiences à destination des 50 médias accrédités. © Radio France / Jean-Philippe Deniau

Un an de préparatifs

La logistique particulièrement lourde de ce procès occupe le tribunal de Paris depuis un an. Pendant un temps, l'idée de mettre en place une web-TV a été étudiée, afin de permettre aux victimes de suivre l'audience à distance. Elle a finalement été écartée. Trois salles sont consacrées au procès Mediator : une salle principale pouvant accueillir 250 personnes, et des salles annexes, équipées de retransmission vidéo. Cinquante médias ont été accrédités.

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