Une vingtaine des quelque 200 communes qui proposent chaque jour une option végétarienne ont été sondées. Résultat : 9 fois sur 10, ce repas coûte moins cher ou s'équilibre en terme de budget. Les villes constatent aussi une moindre quantité de viande gâchée.

À la cantine scolaire de Valence, où un menu végétarien est proposé quotidiennement aux enfants
À la cantine scolaire de Valence, où un menu végétarien est proposé quotidiennement aux enfants © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Comment s'en sortent les cantines qui ont mis en place des repas végétariens ? C'est la question à laquelle tente de répondre une enquête publiée ce jeudi par Greenpeace et l'Association végétarienne de France (AVF), quelques jours après la polémique politique déclenchée par la mise en place à Lyon d'un menu unique sans viande. Leur conclusion : ces repas végétariens ne coûtent pas plus cher et limitent le gaspillage.

Aujourd'hui, quelque 200 communes proposent chaque jour une option végétarienne dans les cantines de leurs crèches municipales, écoles, maisons de retraite. Greenpeace et l'AVF ont sondé une vingtaine d'entre elles, ainsi que plusieurs collèges, lycées, un hôpital, un centre de détention et un établissement administratif. 

Un "levier massif contre le gâchis de la viande"

Il ressort que, 9 fois sur 10, le menu végétarien coûte moins cher ou s'équilibre en terme de budget. À Bègles (Gironde), les économies réalisées ont même permis d'introduire 50% de produits bio. Autre enseignement : dans 85% des cas, l'introduction de ce menu végétarien n'a pas été associé à une aggravation du gaspillage alimentaire. Au contraire, il s'agit d'un "levier massif de lutte contre le gâchis de la viande qui représente 50% des pertes financières liées au gaspillage", souligne le rapport.

"Ce qui se produisait avant, c'est que quand il n'y avait pas de menu végétarien, la viande était mise à part par un certain nombre d'enfants qui, soit n'avaient pas envie d'en manger, soit avaient reçu de leurs parents la consigne de ne pas en consommer", explique Nicolas Daragon, maire LR de Valence (Drôme). "Donc à tous points de vue, c'est bénéfique". Dans sa ville, 45% des enfants choisissent ce menu végétarien quotidien. 

Une économie de CO2 quasiment équivalente à ce qu'émettent en un an les transports à Paris, selon Greenpeace

De façon plus générale, quand ils en ont la possibilité, près de 20% des usagers des restaurants collectifs préfèrent un déjeuner sans viande ni poisson. Et cette option est bonne pour l'environnement : selon les calculs de Greenpeace, si les cantines de toutes les écoles, crèches, hôpitaux, prisons, etc. servaient chaque jour un plat végétarien, cela représenterait une économie pouvant aller jusqu'à 1,35 million de tonnes de CO2. "C'est énorme, c'est presque autant que tous les transports réunis à Paris pendant une année entière, ou encore l'équivalent de plus d'un million de vols Paris-New York aller-retour", fait valoir Laure Ducos, de Greenpeace.

Aujourd'hui, selon Greepeace, 70% des enfants ont accès à un menu végétarien une fois par semaine à la cantine. Mais seulement 3% à une fréquence plus importante. Dans le projet de loi climat, le gouvernement souhaite que les collectivités territoriales l'expérimentent de façon quotidienne, mais uniquement si elles sont volontaires.

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