une rançon de 20 millions d'euros aurait été versée pour les otages
une rançon de 20 millions d'euros aurait été versée pour les otages © reuters

Le Monde l'affirme, le gouvernement dément. Selon une source française connaissant les détails de l'opération, la France aurait versé "une vingtaine de millions d'euros" aux preneurs d'otages en échange des quatre anciens otages.

Le quotidien précise que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a remis aux ravisseurs de Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret "plus d'une vingtaine de millions d'euros".

Officiellement, ils ont retrouvé la liberté grâce à l'activisme du président du Niger, Mahamadou Issoufou, que François Hollande a de nouveau remercié. Ils avaient déjà failli être libérés à plusieurs reprises par les soldats français qui ont délogé des groupes dihadistes du nord-est du Mali au printemps dernier, a précisé le ministre de la Défense.

Selon le quotidien Le Monde, ils ont finalement été récupérés dans l'extrême nord-ouest du Mali par un groupe de 18 hommes, des Français et des Touaregs, parti le 21 octobre de Kidal, dans le nord-est de ce pays. Une version qui n'a pas été, pour le moment, confirmée.

François Géré est le directeur de l'Institut français d'analyse stratégique. Interrogé par Angléique Bouin, il explique le paiement éventuel d'une rançon par l'ancienneté du début des négociations.

(les informations du Monde), ça repose sur des élements assez anciens [...] Quels ont été les termes de la libération des otages ? On finira par le savoir.

Le gouvernement réfute

François Hollande a fait savoir en février que la France ne verserait plus de rançon pour obtenir la libération de ses ressortissants retenus en otages dans le monde, assurant que l'Etat s'opposerait à toute transaction financière et tout forme de versement, même par des entreprises.

Le 19 avril dernier, le chef de l'Etat a une nouvelle fois assuré que son pays ne céderait pas "sur les principes". Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui s'est rendu à Niamey avec son collègue de la Défense Jean-Yves Le Drian pour récupérer les quatre ex-otages s'est exprimé :

La consigne du président est de ne pas payer de rançon, cette consigne est respectée [...] Ce que je peux vous dire c'est que la France ne paye pas de rançon, c'est clair et net.

Le doute subsiste

La piste d'une contrepartie versée par le groupe nucléaire français Areva, pour lequel travaillaient une partie des otages a été évoquée mercredi par Diane Lazarevic, fille de Serge Lazarevic, l'un des trois otages français encore retenus en Afrique :

Je suis amère contre le gouvernement. Il ya deux mois, il m'a dit qu'il y auraient libération pour les cinq otages [...] les cinq otages n'ont pas le même poids.-

Selon une source régionale, les négociations autour de la libération des Français ont été menées par l'ancien ministrenigérien, Mohamed Akotey, président du conseil d'administration d'Imouraren SA, la filiale d'Areva au Niger.

Payer pour faire libérer les otages. Pour notre consoeur Dorothée Moisan qui vient de publier un ouvrage sur le "business des otages" cela n'a rien d'étonnant.

Un chiffre que je trouve crédible.

Philippe Hugon est le directeur de recherche à l'Iris, spécialiste de l'Afrique

Areva a été présent dans la négociation, peut-être dans le paiement des intermédiaires de la rançon, je ne le sais pas.

Le retour des otages

Le résumé de la journée avec Olivier Poujade

les ex-otages sont arrivés à paris
les ex-otages sont arrivés à paris © reuters

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Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret, salariés d'Areva et d'une filiale de Vinci sont arrivés de la capitale du Niger, Niamey, dans un avion du gouvernement français, avec les ministres de la Défense et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius.

Ils avaient été enlevés le 16 septembre 2010 sur un site d'extraction d'uranium d'Areva à Arlit, au Niger, par un groupe d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ils sont apparus en bonne santé, malgré plus de trois ans de captivité dans le désert. Une information judiciaire avait été ouverte mardi matin par le parquet de Paris pour enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui.

Les quatre ex-otages libérés ont retrouvé leur famille au pied du Falcon gouvernemental qui les a ramenés de Niamey. Ils ont donné libre cours à leurs effusions pendant près d'un quart d'heure sur le tarmac ensoleillé, où le chef de l'Etat a également échangé quelques mots avec eux. Tous se sont ensuite retirés une demi-heure dans le salon d'honneur de l'aéroport, où la compagne du chef de l'Etat, Valérie Trierweiler, et le président du directoire d'Areva, Luc Oursel, étaient aussi présents.

François Hollande, entouré des quatre ex-otages, de Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, est ensuite revenu sur le tarmac pour dire quelques mots de circonstance. Il a ainsi fait part de son "immense joie", salué le courage des quatre hommes et de leurs familles et redit sa gratitude au président du Niger - "C'est lui, avec ses équipes, qui a pu faire les tractations nécessaires."

Les otages ne se sont pas exprimés, seuls des proches des quatre hommes, dont l'épouse de DanielLarribe, elle-même ancien otage, et leurs deux filles, se sont adressés aux journalistes présents. Marion et Maud Larribe ont ainsi expliqué que leur père avait tenté une fois d'échapper à ses ravisseurs mais en vain.

Les sept derniers otages
Les sept derniers otages © Radio France
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