Plus de 40 personnes ont été tuées et près de 140 blessées dans 3 attentats-suicide en Irak, au moment où les forces irakiennes progressent face aux djihadistes au nord du pays.

Al-Shuhada Bridge à Bagdad, lieu d'un des attentats du 30 mai 2017
Al-Shuhada Bridge à Bagdad, lieu d'un des attentats du 30 mai 2017 © AFP / SABAH ARAR

Plus de 40 personnes ont été tuées et près de 140 blessées mardi dans trois attentats-suicides en Irak, au moment où les forces irakiennes progressent lentement face aux djihadistes à Mossoul, dans le nord.

La capitale irakienne Bagdad a été frappée par deux attentats revendiqués par le groupe djihadiste sunnite Etat islamique, qui résiste aux troupes gouvernementales à Mossoul, deuxième ville d'Irak.

Deux attaques à la voiture piégée mardi à Bagdad
Deux attaques à la voiture piégée mardi à Bagdad © Reuters / Khalid Al Mousily

Un troisième attentat-suicide a eu lieu dans la soirée à Hit, une ville située à environ 200 kilomètres à l'ouest de Bagdad. Cette attaque a fait 15 morts, dont quatre soldats et un journaliste local, et 23 blessés, dont deux soldats.

Le journaliste tué, Souhaib al-Hiti, travaillait pour Asiasat TV, une chaîne satellitaire irakienne, qui a confirmé la mort de son correspondant.

Objectif : viser des groupes de chiites

La période du ramadan, qui a débuté samedi, est souvent endeuillée en Irak par des attentats djihadistes qui, pour faire le plus grand nombre possible de victimes, frappent surtout le soir, quand les habitants sortent se promener après le repas de rupture du jeûne.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a dénoncé des attaques "scandaleuses". A Washington, le département d'Etat a condamné "les attentats barbares commis par les terroristes de l'EI à Bagdad". A Paris, la tour Eiffel a été symboliquement éteinte mardi soir pour rendre hommage aux victimes des deux attentats de Bagdad.

La reconquête de Mossoul

A Mossoul, dernier grand fief urbain du groupe Etat islamique en Irak, les forces gouvernementales soutenues par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis progressent en direction de la vieille ville, leur ultime objectif, dont la reconquête s'avère ardue. Soldats, policiers et forces spéciales tentent depuis la semaine dernière de reprendre trois quartiers - Al-Chifaa, Al-Saha et Al-Zinjili - au nord de la vieille ville. A Al-Chifaa, les troupes avancent lentement dans un secteur où se trouvent plusieurs hôpitaux.

Selon l'ONU, entre 180 000 et 200 000 civils sont bloqués dans les secteurs tenus par les djihadistes, la majorité dans la vieille ville.

L'aviation irakienne a largué mardi des tracts exhortant les habitants à fuir les zones de combat et les quartiers djihadistes, mais l'ONU s'inquiète de l'impact humanitaire d'un nouvel exode massif.

Des civils en danger

Selon la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak, Lise Grande :

Les civils sont probablement bien plus en danger aujourd'hui, dans les toutes dernières étapes des opérations militaires

Selon elle, "les médicaments sont très rares, il y a d'importantes pénuries d'eau potable et les stocks de nourriture sont très limités". Les familles qui tentent de fuir sont souvent prises pour cible par des tireurs embusqués".

A la reconquête de Mossoul

Les forces irakiennes mènent depuis mi-octobre l'offensive pour reconquérir Mossoul, tombée en juin 2014 aux mains du groupe Etat islamique et où son chef Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa seule apparition publique en juillet de la même année.

Après la reprise fin janvier de l'est de la ville, elles se sont lancées en février à l'assaut de la partie occidentale, reprise à près de 90% selon le commandement irakien.

En sept mois, 760 000 civils ont quitté Mossoul, dont environ 150 000 sont déjà retournés chez eux, selon Lise Grande.

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