La présidence sud-coréenne a annoncé ce mercredi qu'elle voulait lancer des discussions pour déclarer officiellement la fin de la guerre sur la péninsule. Car techniquement, les deux parties sont toujours en conflit, puisqu'elles n'ont jamais signé de traité de paix entérinant l'armistice de 1953.

Contrairement à ce que laisse penser son nom, la zone démilitarisée, qui marque la frontière entre la Corée du sud et la Corée du nord, est l'une des régions les plus militarisées de la planète
Contrairement à ce que laisse penser son nom, la zone démilitarisée, qui marque la frontière entre la Corée du sud et la Corée du nord, est l'une des régions les plus militarisées de la planète © Maxppp / Jeon Heon-Kyun

Malgré les crises récurrentes à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, et la tension qui persiste entre elles depuis des décennies, les deux pays ne se sont jamais déclaré la guerre. Et pour cause : ils sont techniquement toujours en conflit depuis 1953, date de la signature de l'armistice entre les belligérants nord-coréens, américains et chinois... mais pas sud-coréens.

Donald Trump donne sa "bénédiction"

La tenue la semaine prochaine d'un sommet intercoréen, un événement rarissime puisque ce sera le troisième depuis l'arrêt des combats, pourrait être l'occasion de relancer les discussions pour déclarer officiellement la fin de la guerre sur la péninsule. "Nous examinons la possibilité de remplacer le régime de l'armistice sur la péninsule coréenne par un régime de paix, a dit à la presse un haut responsable de la Maison-Bleue, la présidence sud-coréenne. Mais ce n'est pas quelque chose que nous pouvons faire seuls. (...) Il faut des discussions serrées avec les parties pertinentes dont la Corée du Nord."  Le président américain Donald Trump a pour sa part déclaré ce mercredi que le sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Mon Jae-in pourrait être l'occasion, avec sa "bénédiction", de discuter d'un traité de paix pour clore officiellement le conflit.

Mais les tractations pour parvenir à un texte satisfaisant pour les deux parties s'annoncent longues et délicates. Lorsque la fin des hostilités est annoncée en 1953, elle est officialisée par la signature de l'armistice de Panmunjeom, et la ligne de front sert de frontière entre les deux pays. C'est la fameuse DMZ, la zone démilitarisée, qui, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, est probablement la frontière la plus militarisée au monde. Située à quelques dizaines de kilomètres au nord de Séoul, cette bande de terre de 4 km de large et de 248 km de long est parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars.

Vers une reconnaissance mutuelle des deux pays de la péninsule ?

Mais si la Chine, la Corée du nord et le commandement de l'ONU, emmené par les Etats-Unis, sont signataires de l'armistice, ce n'est toutefois pas le cas de la Corée du Sud. De plus, Washington a toujours refusé un traité de paix pour entériner cet armistice, car il aurait pour conséquence un retrait de ses troupes du sol sud-coréen. 

En l'état actuel des choses, Pyongyang et Séoul ne se reconnaissent pas mutuellement, et revendiquent depuis 1953 la souveraineté sur la péninsule toute entière. Par ailleurs, l’établissement d’un traité de paix sera conditionné aux progrès obtenus sur le dossier nucléaire. Le chemin est donc encore long, mais des progrès sont faits : le président américain Donald Trump a confirmé ce mercredi que Mike Pompeo, le directeur de la CIA nommé au poste de chef de la diplomatie des Etats-Unis, avait rencontré Kim Jong-un dans le plus grand secret la semaine dernière à Pyongyang. Cette rencontre visait à préparer le sommet historique prévu début juin entre Kim et Trump, un tête à tête qui aura justement pour principal ordre du jour la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.