Depuis trois mois, Olga Misik a déjà été arrêtée quatre fois. L'adolescente de 17 ans faisait partie des 1 000 personnes interpellées en Russie le 27 juillet dernier. Une vidéo d'elle a récemment fait le tour du web : assise par terre, elle lit la Constitution russe en tournant le dos à des dizaines de policiers.

Olga Misik, le symbole des manifestations pro-démocratie en Russe le 3 août 2019
Olga Misik, le symbole des manifestations pro-démocratie en Russe le 3 août 2019 © Getty / Sergei Savostyanov

En quelques jours, Olga Misik est devenue le symbole de la résistance au gouvernement russe. L'image est forte. On voit Olga Misik, 17 ans, assise par terre, tournant le dos à des dizaines de policiers, matraque à la main. Elle ne porte qu'une veste de protection et lit les articles de la Constitution russe sur le droit de manifester pacifiquement et le droit à la liberté d'expression.

Pour expliquer la photo, Olga Misik a déclaré au média en ligne russe Meduza, basé en Lettonie, qu'elle voulait "juste leur rappeler [à la police] que nous sommes ici avec des objectifs pacifiques et sans armes, mais eux ne le sont pas." 

Le 27 juillet dernier, des dizaines de milliers de manifestants parcourent les rues de Moscou pour demander des élections libres, suite à la décision du Kremlin d'interdire à des membres de l'opposition de se présenter aux élections municipales en septembre.

Lors du rassemblement, la police russe interpelle près de 1 400 personnes dont Olga Misik. Elle est accusée d'avoir pris part à une manifestation illégale. Elle est relâchée douze heures après. 

Mais ce n'est pas une première fois pour l'adolescente qui en est déjà à sa quatrième arrestation en trois mois alors qu'elle manifestait pacifiquement à chaque fois. Elle explique à la BBC que la situation en "Russie est extrêmement instable. Le fait que les autorités réunissent des forces armées issues de différentes parties du pays pour chasser des manifestants pacifiques, montre que les autorités sont clairement très effrayées".

Alors que son père est lui-même en faveur de Vladimir Poutine, Olga l'affirme à The Independant, elle n'est pas seulement là pour exiger des élections libres. "C'est un rassemblement pour la défense de droits constitutionnels élémentaires qui ne seraient pas remis en question dans un État démocratique" explique-t-elle.

"Je ne crois pas aux politiciens, je crois en moi, je crois en mon peuple"

Olga Misik est née en 2002 dans la banlieue de Moscou. Comme l'explique la BBC, très jeune elle s'est intéressée à la littérature en lisant des auteurs comme George Orwell ou Aldous Huxley. À seize ans elle commence à se tourner vers la politique après une annonce du gouvernement russe qui prévoit de repousser l'âge de la retraite. 

Ça n’est pas comme si j’étais proche de la retraite, mais j’y ai vu une injustice. 

"Le président Poutine lui-même avait promis qu’il ne le repousserait pas, et a fait passer la réforme en octobre 2018." 

Dans une interview pour le média Brut, la manifestante affirme ne plus croire "aux politiciens, je crois en moi, je crois en mon peuple."

L'adolescente, qui souhaite étudier le journalisme à la rentrée, attend avec impatience d'être majeure car, raconte-t-elle, les services sociaux se sont plusieurs fois rendus chez ses parents pour discuter de son engagement politique. 

Pour l'instant, rien ne semble faire plier Olga Misik qui affirme qu’elle continuera à se battre pour une Russie plus démocratique. 

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