La deuxième ville de Syrie serait en train de retomber, cette nuit, aux mains du régime de Bachar al-Assad. Les journalistes et témoins sur place évoquent exactions et atrocités.

Bombardements des forces de Bachar al-Assad sur Alep le 11 décembre
Bombardements des forces de Bachar al-Assad sur Alep le 11 décembre © Reuters / Omar Sanadiki

À défaut d'être la fin du groupe État islamique, c'est peut-être le début de la fin de la rébellion contre le régime syrien. En perdant ses dernières positions à Alep, elle va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre civile en mars 2011. Deux quartiers sur les six encore contrôlés par les rebelles ont été repris. Et déjà, la revanche de l'armée syrienne semble se faire dans le sang, tandis que la télévision officielle diffuse des scènes de liesse. Durant la nuit, Ban Ki-Moon lui-même s'est alarmé d'atrocités, dont seraient victimes "un grand nombre de civils", dont des femmes et des enfants.

Jan Egeland, secrétaire général adjoint, s'indigne de cette situation au micro d'Omar Ouahmane

Pour Raphaël Pitti, médecin anesthésiste de retour d'une mission en Syrie pour l'ONG UOSSM (où il forme les médecins syriens notamment à Alep), cette terrible conclusion était prévisible, et elle est désormais bien là.

Tout ce que l'on pouvait craindre ces derniers jours, les exactions, c'est en train d'arriver. Ils ont brûlé des familles dans leurs maisons. Ils ont exécuté d'une manière sommaire une trentaine d'enfants près du cimetière. Ils tuent tout ce qui bouge, tout ce qui essaie de se déplacer. Tous ces groupes qui les encerclaient depuis des mois sont en train de se libérer dans leur violence la plus abjecte, sur cette population qui est prise en otage.

Environ 120.000 habitants vivent encore dans ces quartiers d'Alep.

► ALLER PLUS LOIN | Jean-Pierre Filiu : "Alep, ce tombeau de l'ONU"

Silence radio, silence internet

Les informations sur ce qui se passe réellement sur place arrivent au compte-goutte. Sur Twitter, beaucoup racontent le peu d'informations qu'ils ont réussi à obtenir, notamment via les contacts sur place. Qui, pour beaucoup, ne répondent plus.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.