Les correspondants de Radio France à Berlin, Londres et Jérusalem analysent les réactions des différents responsables politiques à la suite de l'annonce de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle américaine.

Benjamin Netanyahu, Angela Merkel, Boris Johnson
Benjamin Netanyahu, Angela Merkel, Boris Johnson © AFP / .

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Après l'annonce de la victoire de Joe Bide, les réactions des Européens ont été orchestrées dans la soirée de samedi entre dirigeants européens.

Une rencontre aussi tôt que possible pour Ursula von der Leyen. Les dirigeants de l'UE ont félicité Joe Biden en appelant à rebâtir avec les Etats-Unis un "partenariat solide" après une relation conflictuelle sous le mandat de Donald Trump.  "Je félicite chaleureusement M. Biden pour sa victoire et suis impatiente de le rencontrer aussi tôt que possible", a réagi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.  L'UE et les États-Unis "sont des amis et alliés", a souligné la chef de l'exécutif européen, pointant une relation "enracinée dans des valeurs partagées de démocratie, liberté, droits de l'Homme, justice sociale et économie ouverte". "La Commission se tient prête à intensifier sa coopération avec la nouvelle administration et le nouveau Congrès", a-t-elle conclu. 

La fin d'un cauchemar pour Berlin

Ludovic Piedtenu à Berlin souligne que les années Trump ont été un cauchemar pour l’Allemagne. Friedrich Merz, le plus atlantiste des Allemands, qui espère succéder à Merkel, a tweeté le premier : "une chance pour que l’Europe retravaille bien avec les États Unis".  L'Allemagne met en évidence l'importance de la relation transatlantique : La chancelière allemande Angela Merkel a "félicité" samedi Joe Biden, et insisté sur la relation transatlantique "irremplaçable".  "Félicitations! (...) Je lui souhaite de tout mon cœur chance et succès", s'est réjoui la dirigeante qui a entretenu des relations délicates avec Donald Trump. "Notre amitié transatlantique est irremplaçable si nous voulons surmonter les grands défis de notre temps", a-t-elle également affirmé, citée dans un tweet du porte-parole du gouvernement. Angela Merkel a noté l'accession de Kamala Harris à la vice-présidence. 

Auparavant, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a affirmé  vouloir "un nouveau départ" dans la relation transatlantique qui a connu des remous durant le mandat de Donald Trump. "Nous voulons investir dans notre coopération (avec le nouveau président américain, ndlr), pour un nouveau départ dans la relation transatlantique, un 'new deal'", a tweeté le chef de la diplomatie tandis que le vice-chancelier Olaf Scholz se réjouissait de l'ouverture d'"un nouveau chapitre dans la relation transatlantique". 

En Grande-Bretagne, félicitations sur fond de rancœur

En Grande Bretagne, l'annonce de la victoire de Biden, n'est pas forcément une bonne nouvelle. Richard Place rappelle qu'une inimitié s'était installée lorsqu'Obama avait décroché le portrait de Churchill de la maison ovale à Washington. Pour Boris Johnson c'était le signe d'une rancœur ancestrale d'Obama envers l'empire britannique en raison de ces origines kenyanes. Biden en a gardé rancune contre Johnson, qu'il avait qualifié de "clone émotionnel et physique de Trump". De plus Biden, d'origine irlandaise, n'apprécie pas les dernières décisions de Johnson sur la question irlandaise. 

Retour sur les priorités communes sur le changement climatique, le commerce et la sécurité : Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a adressé, sur Twitter, ses "félicitations à Joe Biden pour son élection et à Kamala Harris pour cet aboutissement historique". "Les États-Unis sont notre plus important allié et on espère travailler étroitement ensemble sur les priorités que nous partageons, notamment le changement climatique ou encore la sécurité", a ajouté Boris Johnson. Hier soir un ancien attaché de presse d'Obama a répondu à ce tweet.  "Nous n'oublierons jamais vos commentaires racistes contre Obama ni votre dévouement servile à Trump"

À Jérusalem, sous le signe de l'amitié ? 

Frédéric Métezeau note que Benjamin Netanyahu a mis 12 heures pour réagir, à 6h ce matin et seulement en anglais, comme s'il voulait ne pas en faire une affaire de politique intérieure. Pourtant Netanyahu posait habituellement en photo avec Trump. Les États-Unis, avaient récemment proposé le "deal du siècle", défavorable aux Palestiniens, donc 70% des Israéliens souhaitaient la réélection de Trump. 

Biden et Netanyahu sont amis, proches, ils s'apprécient humainement, ils ont grandi en Pennsylvanie tous les deux. Biden a annoncé qu'il maintiendrait l'ambassade américaine à Jérusalem et l'aide militaire à Israël. Mais Biden est contre l'extension des colonies et favorable à un État palestinien. L'OLP pourrait rouvrir son bureau à Washington. 

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