C'est une tendance forte dans le monde : l'autopartage. L'Allemagne fait partie des pays où l'on compte le plus d'utilisateurs et de véhicules en libre-service. C'est souvent une vitrine pour les constructeurs automobiles allemands. La preuve, Volkswagen se lance avec retard sur ce marché, uniquement à Berlin.

Véhicules en partage à Berlin
Véhicules en partage à Berlin © Radio France / Ludovic Piedtenu

L'Allemagne fait partie des premiers pays à s'être lancé dans l'autopartage, dans les années 1980. On y compte aujourd'hui le plus d'utilisateurs, rapporté à la population totale : 2,5 millions de clients et déjà plus de 23 000 voitures à partager dans près de 800 villes.

Berlin, la capitale, est bien sûr une vitrine de choix pour les constructeurs automobiles allemands qui ont, très tôt, investi le marché. C'est l'occasion pour ces marques de mettre en avant de nouveaux modèles. Volkswagen lance aujourd'hui, avec du retard sur ses concurrents, We Share. Uniquement disponible à Berlin, ce service a comme particularité de ne proposer que des voitures électriques, 1500 e-Golf puis d'ici la fin de l'année, 500 e-Up et à la mi-2020 son nouveau modèle électrique, l'ID.3.

C'est une façon très claire pour le constructeur, après le scandale du Diesel Gate d'offrir une image plus moderne et plus propre. Affaiblie, la marque de Wolfsbourg a dévoilé au printemps une stratégie très offensive. Elle promet de lancer environ 70 modèles électriques d'ici à 2028 et d'investir 30 milliards d'euros d'ici à 2023, en supprimant pendant la même période 7000 emplois.

Volkswagen en solo

C'est dans la même logique que Volkswagen se lance dans l'autopartage, mais sans voir grand, reproche Ferdinand Dudenhöffer, économiste, spécialiste du secteur automobile. Il est chercheur au CAR, le Center Automotive Research de l'Université de Duisbourg-Essen. 

Dans le monde de demain, celui de la mobilité individuelle, c’est une histoire d’échelle, vous devez être mondial ! C’est comme pour Google quand vous pensez à un moteur de recherche sur internet, il n’y a rien d’autre qui vous vient à l’esprit à part Google.  Volkswagen a choisi une stratégie en solo, sans s'associer avec d'autres constructeurs. C'est un mauvais choix !

Le constructeur allemand a choisi Berlin pour se faire une place sur le marché de l'autopartage, mais promet de se développer dans le reste du pays et à l'étranger. Pour lancer son service We Share dans la capitale, il a quand même dû s'appuyer sur deux chaînes de magasins Lidl et Kaufland pour qu'elles mettent leurs parkings à disposition et y construisent des bornes de recharge pour voitures électriques. Pour ses débuts, Volkswagen casse les prix, en proposant un tarif de location de 0,19€ la minute, contre autour de 0,30€ pour ses concurrents.

Daimler Mercedes et BMW veulent créer un géant de la mobilité 

En février, dans un club de Berlin, une grande opération de communication était orchestrée par deux grands constructeurs automobiles allemands, habituellement concurrents. Daimler Mercedes et BMW possèdent tous deux respectivement Car2go (présent en France à Lyon et Paris) et Drive Now. Leur choix : s'associer pour être plus fort. Ils créent une nouvelle entreprise, Share Now, en mettant un milliard d'euros sur la table et entendent devenir l'un des leaders dans ce secteur de la mobilité individuelle. Pour l'heure utilisable dans 12 pays, comme We Share de Volkswagen, mais avec quelques services en plus, une seule application permet, outre l'utilisation de la flotte de véhicules en libre-service, de commander un taxi, de faire du covoiturage, de localiser des bornes de recharge électrique et des parkings dont ils sont propriétaires.

L'économiste Ferdinand Dudenhöffer estime que seule ce genre d'association permet de concurrencer des grands noms, déjà présents sur ce marché, comme les américains Uber et Google ou le chinois Didi.

Sixt a tous les atouts pour réussir sur ce marché de l'autopartage

À Berlin, depuis quelques mois, sans faire trop de bruit, Sixt s’est lancé dans cette bataille du Carsharing. Cette entreprise allemande installée en Bavière depuis plus d'un siècle a de l'expérience en matière de location de voiture. Sixt a aussi fait partie de l'aventure Drive Now avec BMW à ses débuts. Ils ont donc en plus l'expertise technologique. 

Voici donc l'entreprise de retour sur ce marché. L'avantage, comme c'est un loueur et non un constructeur, le modèle économique serait, selon les spécialistes, plus rentable et il permet aux clients de couvrir de plus grandes distances, là où les services concurrents d'autopartage ne se limitent souvent qu'au cœur des villes, n'apportant pas de solutions aux habitants des banlieues.

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