Dans un entretien avec la chaîne de télé russe Russia Today, le président syrien Bachar al-Assad s'est dit ouvert aux efforts de réconciliation, sans pour autant écarter le recours aux armes pour défendre "son territoire". "Les Américains partiront d'une façon ou d'une autre" a affirmé le président syrien.

L'entretien de Bachar al-Assad à la chaîne Russia Today a été retransmis sur la page Facebook officielle du président syrien
L'entretien de Bachar al-Assad à la chaîne Russia Today a été retransmis sur la page Facebook officielle du président syrien © AFP / HO / Syrian Presidency Facebook page

Alors que la Syrie est ravagée par la guerre depuis près de sept ans, le président Syrien a donné ce jeudi une interview à la chaîne de télé pro-russe Russia Today. Évoquant la reprise en main des régions syriennes en guerre, Bachar al-Assad n'a pas exclu, dans son allocution, le recours aux armes contre les forces kurdes soutenues par les États-Unis, estimant que "Le seul problème qui reste aujourd'hui en Syrie, c'est les Forces démocratiques syriennes (FDS)"

Les troupes de Bachar al-Assad ont repris, depuis 2015, plus de 60 % du territoire aux rebelles, grâce aux aides de ses alliées russes.

"Les Américains doivent partir"

Bachar al-Assad a aussi affirmé qu'il n'y avait que "deux options pour régler ce problème" : "Nous avons d'abord ouvert la voie à des négociations car la majorité des membres (des FDS) sont des Syriens. Si elle ne marche pas, nous allons libérer nos territoires par la force. Nous n'avons pas d'autre choix." 

Soutenues par une coalition antidjihadiste menée par les États-Unis, les FDS, alliance composée de combattants kurdes et arabes, ont joué un rôle crucial dans la lutte contre le groupe État islamique (EI) qu'elles ont chassé de plusieurs régions de Syrie dont son fief de Raqa, et qu'elles continuent de combattre dans une partie de la province orientale de Deir Ezzor. Elles contrôlent de larges territoires dans le nord et nord-est syrien. 

Bachar al-Assad a aussi ajouté :  

C'est notre terre et c'est notre droit et notre devoir de la libérer. Les Américains doivent partir et ils partiront d'une façon ou d'une autre.

Une confrontation directe "évitée de justesse" entre Russes et Américains

Le leader syrien a par ailleurs affirmé qu'une confrontation directe entre la Russie et les États-Unis avait a été "heureusement évitée" en Syrie, où ces deux grandes puissances interviennent.  Il a loué "la sagesse de la direction russe" qui a permis selon lui d'éloigner le spectre d'un tel conflit car "personne au monde, et en premier lieu les Syriens, n'a intérêt à ce que cette confrontation se produise". 

La Russie, dont l'intervention en septembre 2015 a été déterminante pour le régime Assad, peine néanmoins à transformer ces succès militaires en règlement politique du conflit. Les FDS n'ont pas réagi à ces déclarations dans l'immédiat. 

Mais le porte-parole de la coalition internationale, le colonel Sean Ryan, a lui souligné "l'incroyable" travail des FDS dans la lutte contre l'EI, soutenant que ces forces devaient "être louées et non menacées".  Il n'a toutefois pas précisé comment réagirait la coalition en cas d'attaque contre les FDS. 

"Pas de troupes iraniennes" 

Sur la question de l'implication de l'allié iranien dans le conflit et les récentes frappes israéliennes sur des positions militaires présentées comme iraniennes en Syrie, Bachar al-Assad a affirmé qu'il n'y avait "pas troupes iraniennes sur notre sol"

"Nous ne pouvons pas cacher [les iraniens] et nous n'avons pas honte de dire clairement s'il y en a", a-t-il dit. "Seuls des officiers iraniens aident l'armée syrienne". "Ils (Israël) disent avoir attaqué des bases et des camps iraniens. Mais en fait nous avons eu des dizaines de Syriens tués ou blessés, et pas un seul Iranien", a poursuivi le leader syrien. 

En Syrie, les frappes se poursuivent

Jeudi, des frappes aériennes de la coalition sur un village contrôlé par l'EI dans cette province ont tué huit civils, dont trois enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

La guerre en Syrie a fait plus de 350 000 morts et jeté à la rue des millions de personnes. Sept ans après le début du conflit, Bachar al-Assad a solennellement répété que ses forces "n'abandonneront aucun territoire" :

Si nous n'arrivons pas à récupérer (l'ensemble) du territoire par des accords de réconciliation, nous le ferons par la force

Aujourd'hui, le régime contrôle la ville de Deir Ezzor, chef-lieu de la province du même nom, mais aussi toute la rive ouest de l'Euphrate, tandis que les FDS sont stationnées sur la rive orientale.  

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