[scald=68751:sdl_editor_representation]DURBAN (Reuters) - La planète a besoin d'un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre nettement plus ambitieux que la première phase du protocole de Kyoto, ont estimé les négociateurs de l'Union européenne à la conférence internationale de Durban sur le climat, qui s'est ouverte lundi.

L'Union européenne a appelé de ses voeux la conclusion d'un tel plan d'ici 2015 et sa mise en oeuvre avant 2020.

La première phase du protocole de Kyoto, qui a fixé des objectifs contraignants de réduction des émissions de GES pour la plupart des pays industrialisés, prend fin en 2012 et le temps presse pour trouver un accord, élargi aux autres pays, qui prolongerait cette première phase.

"Kyoto, à lui seul, ne peut sauver la planète(...). Les pays prennent leurs distances avec le protocole de Kyoto", a estimé le négociateur de l'UE sur le climat, Artur Runge-Metzger, lors d'une conférence de presse à Durban, où les débats et négociations prendront fin le 9 décembre.

L'UE est disposée à signer pour une deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto mais d'autres signataires, comme la Russie, le Japon et le Canada, ne le sont pas. Pour les Européens, tout futur accord sera pratiquement dénué de sens si la majorité des pays pollueurs ne le signent pas.

Le protocole de Kyoto, conclu en 1997, porte sur seulement un quart des émissions de CO2, et cette proportion tombera à seulement 15% si seule l'UE et quelques autres pays s'engagent sur une deuxième phase d'objectifs après 2012.

PÉKIN "PAS TRÈS OPTIMISTE"

Les Etats-Unis, deuxième plus gros pollueur au monde après la Chine, n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto.

Les grands pays en développement comme la Chine et l'Inde n'étaient pas concernés par la première phase du protocole, car étant considérés comme "émergents". Depuis 1997, leurs émissions de GES ont fortement augmenté.

Les conférences internationales sur le climat tenues fin 2009 à Copenhague puis fin 2010 à Cancun se sont terminées sans nouvel accord international sur une réduction des émissions et les analystes ne s'attendent guère à des avancées en ce sens à Durban.

Le plus gros obstacle sera de trouver un terrain d'entente entre Washington et Pékin. Les deux capitales s'opposent depuis des années sur les questions climatiques. Les Etats-Unis disent qu'ils n'accepteront aucun traité qui n'implique pas la Chine et Pékin n'a guère envie de s'engager si Washington ne fait pas aussi un pas.

Le négociateur en chef chinois, cité lundi par la radio nationale chinoise, a déclaré qu'il n'était "pas très optimiste" quant aux résultats de la conférence de Durban. De son côté, l'émissaire des Etats-Unis sur les questions climatiques Jonathan Pershing a averti Pékin et les autres grands pays émergents de la détermination de Washington à faire valoir ses points de vue.

Agnieszka Flak et Jon Heskovitz; Eric Faye pour le service français

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