La police israélienne est en alerte pour la Gay Pride de Jérusalem. L’an dernier, un extrémiste juif avait poignardé plusieurs participants et tué une jeune fille de 16 ans.

Un participant de la Gay Pride 2015 à Jérusalem
Un participant de la Gay Pride 2015 à Jérusalem © Reuters / Amir Cohen

Cette année, les services chargés de la sécurité de la Gay Pride à Jérusalem sont sous tension, alors que le souvenir de la Marche des fiertés 2015, qui s’était terminé dans un bain de sang, est toujours présent : lors de cet événement, un extrémiste juif avait poignardé plusieurs manifestants,  blessant cinq personnes et tuant une jeune israélienne de 16 ans, Shira Banki, à laquelle la marche 2016 est dédiée.

L’agresseur, un juif ultra-orthodoxe, Yishaï Shlissel, a justement été condamné le mois dernier à la prison à perpétuité pour ce crime. Dans la foulée, les conditions de sécurité mises en place par la mairie de Jérusalem avaient été largement critiquées. Ce jeudi, la police a annoncé que des centaines d’agents seraient postés le long du défilé qui devrait démarrer à 18h heure locale (15hGMT). Selon les organisateurs, des dizaines de milliers de participants sont attendus.

"A Jérusalem, la gay pride n'est pas une fête. C'est une manifestation contre ceux qui pensent que nous ne devrions pas être là" : le reportage, à Jérusalem, de Nicolas Ropert

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le reportage, à Jérusalem, de Nicolas Ropert

Par Nicolas Ropert

Le maire de Jérusalem ne veut pas participer

Cette année, la Gay Pride est toujours condamnée par La communauté juive ultra-orthodoxe, particulièrement nombreuse à Jérusalem, qui s’est opposée à sa tenue: pour beaucoup de ses rabbins, l'homosexualité est au mieux une maladie, au pire une perversion à combattre par tous les moyens. Signe que la tension est à son maximum entre les religieux et le maire de Jérusalem : Nir Barkat a annoncé que même s'il soutenait la marche, il n'y participerait pas car il ne veut pas "faire partie de quelque chose qui offense le public haredi (ultra-orthodoxe) et le public national-religieux", les deux principales mouvances religieuses en Israël.

Alors que les déclarations homophobes se sont multipliées ces derniers jours dans le camp des juifs ultra-orthodoxes, la police de Jérusalem a même éloigné des membres de la famille du meurtrier de Shira Banki, et mis son frère en détention jusqu’à la fin du défilé : la sécurité avait eu vent d'informations selon lesquelles tous se préparaient à perturber le défilé, voire à agresser des participants. Les militants LBGT, eux, vivent de toute façon dans la crainte :

On voit l'extrême-droite et les fondamentalistes religieux s'opposer plus frontalement à nous. Mais c'est parce qu'ils sentent que la société ne les suit pas. On reçoit beaucoup de menaces (Tom Canning, militant LGBT)

La marche doit se terminer par la projection d'un film et une minute de silence à la mémoire de Shira Banki, dont les parents ont lancé un appel à tous les participants de la Gay Pride 2016 : déposer des fleurs à l’endroit même où l’adolescente a été tuée.

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