Ce jeudi, les Belges et les Anglais s’affrontent dans la ville la plus à l’ouest de Russie, celle de Kaliningrad. Une enclave grande comme la Franche-Comté, coincée entre la Pologne et la Lituanie, à la fois frontière et pont entre deux mondes.

Kaliningrad, la plus occidentale des villes russes
Kaliningrad, la plus occidentale des villes russes © Radio France / Béatrice Dugué

Avant 1945 et le traité de Yalta, la ville s’appelait Koënigsberg, capitale allemande de Prusse orientale. Après 1945, elle tombe dans le giron russe, rebaptisée Kaliningrad. Victor, 70 ans, né à Kaliningrad et ancien professeur d’allemand, sent bien qu’il est dans un endroit à part : "on voudrait bien être plus ouvert, mais malheureusement on est entouré par l’OTAN. Et nous devons conserver nos frontières et les défendre. Voilà pourquoi nous sommes fermés et ouverts en même temps. On vit comme ça."

Car ce port de la Baltique est une zone de tension entre Est et Ouest. En février dernier, la Russie a déployé des missiles Iskander ici, avec une portée de 500 km. Une tension imperceptible en centre-ville, où les parcs voient déambuler les familles, et où l’architecture mélange le XIXe allemand, l’ex-URSS et le moderne.

Anna a déménagé avec mari et enfant de Moscou, précisément pour la qualité de vie ici, et pas pour la géopolitique internationale. "Les informations dont vous parlez, sont très loin de moi. Nous n’avons pas de télé chez nous. Je m’occupe de mon bébé. La proximité des frontières pour nous, c’est l’accès plus facile aux voyages… La possibilité d’être mobile.  Et cette histoire est très loin d’un citoyen ordinaire de Kaliningrad, s’il ne s’intéresse pas à la vie politique, ou si ça n’est pas son travail."

"Un pont entre l'Ouest et l'Est"

Son mari ajoute que "les médias locaux ne parlent pas de ça" : "Je n’ai jamais vu l’information sur les manœuvres en Pologne ou chez nous. Ça n’est pas d’actualité. Nous ne recevons pas d’alerte. Je ne suis pas sûr que ça intéresse les téléspectateurs. Alors il n’y a pas d’intérêt à faire du reportage là-dessus."

Kaliningrad c’est même plutôt un pont entre Ouest et Est pour Mikaël Drutmann, directeur de Balma Tour, une grosse agence locale de tourisme : _"_Grâce aux villes comme Kaliningrad, l’Europe et la Russie se rapprochent malgré toute la politique. Kaliningrad, c’est un pont entre l’Ouest et l’Est."

Un pont dont la Coupe du monde de football aura fait la publicité.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.