Sur la place de l'Indépendance, les barricades sont revenues
Sur la place de l'Indépendance, les barricades sont revenues © Radio France / Nicolas Mathias

Dans la nuit, les forces de l'ordre sont intervenues à nouveau sur cette place symbolique de la capitale, détruisant les barricades. Finalement, les policiers sont partis... Et les barricades sont revenues.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, "récuse tout usage de la force" en Ukraine et appelle les parties "à la retenue et au dialogue", a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères.

La police anti-émeute a quitté dans la matinée la place de l'Indépendance, centre névralgique des manifestations contre le président Viktor Ianoukovitch, après une nuit d'affrontements avec les opposants. Elle s'est aussi éloignée de l'Hôtel de Ville, où les manifestants ont installé un hôpital de fortune.

Après l'assaut, les forces de l'ordre ont rebroussé chemin: Reportage de Yann Gallic

En fin de matinée, les manifestants pouvaient à nouveau se déplacer librement dans le centre de la capitale. En attendant la prochaine attaque ? Non, promet le ministre de l'Intérieur Vitali Zakharchenko, qui assure ue la police ne mènera pas d'assaut général contre les manifestants.

Je veux que tout le monde se calme. Il n'y aura pas d'assaut contre la place. Personne ne violera votre droit à manifester pacifiquement, mais prenez en compte les droits des autres citoyens.

Les manifestants sont toujours mobilisés après l'assaut
Les manifestants sont toujours mobilisés après l'assaut © Radio France / Nicolas Mathias

Le Premier ministre, Mikola Azarov, a pour sa part indiqué que Kiev ne comptait pas évoquer prochainement sa participation à une union douanière élaborée par la Russie au sein de l'ancien bloc soviétique. L'Ukraine et la Russie doivent entamer le 17 décembre des discussions à Moscou.

Selon l'agence de presse russe Interfax, le Premier ministre a en outre annoncé que Kiev avait demandé une aide de 20 milliards d'euros à l'UE et a dit à son gouvernement que l'Ukraine aurait besoin d'une telle somme si elle signait finalement un accord commercial avec Bruxelles.

Les opposants à Viktor Ianoukovitch, parmi lesquels figurent des pro-occidentaux et des nationalistes, lui reprochent d'avoir renoncé fin novembre à un accord d'association économique avec l'Union européenne (UE) et l'accusent de chercher à se rapprocher encore du grand voisin russe.

Les Américains s'indignent

L'intervention des forces de l'ordre dans la nuit a suscité une vive réaction des Etats-Unis, exprimée avant le retrait de la police via un communiqué de Joghn Kerry, le secrétaire d'Etat.

Les Etats-Unis expriment leur dégoût face à la décision des autorités ukrainiennes de répondre à la manifestation pacifique de la place de l'Indépendance avec des forces anti-émeutes, des bulldozers et des matraques plutôt que dans le respect des droits démocratiques et de la dignité humaine.

Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne, a également déploré l'intervention des forces de l'ordre. Elle s'est entretenue mardi avec le chef de l'Etat et devait le voir à nouveau mercredi.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, "récuse tout usage de la force" en Ukraine et appelle les parties "à la retenue et au dialogue", a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères

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