La coalition populiste au pouvoir en Italie (Ligue du Nord + mouvement 5 Étoiles) s'est mise d'accord sur un projet du budget qui prévoit un déficit public à 2,4% du PIB pour les trois prochaines années, soit 1,6 points de plus que prévu.

Matteo Salvini ministre de l'Intérieur italien
Matteo Salvini ministre de l'Intérieur italien © AFP / ANDREAS SOLARO

La trajectoire de déficit budgétaire du gouvernement italien est vue comme une victoire du populisme par de nombreux observateurs. Le Mouvement 5 étoiles (M5S, anti-système) et la Ligue  (extrême droite) ont forcé la main au ministre de l'Économie, Giovanni Tria, qui prônait un déficit inférieur à 2% du PIB, voire de 1,6% seulement. Finalement, le déficit sera de 2,4%.

Voici les principaux points du budget présenté par le gouvernement de coalition ligue du Nord-Cinq Étoiles : 

Un revenu de citoyenneté

Il s'agit d'une promesse électorale phare du Mouvement Cinq Étoiles. Ce revenu mensuel de 780 euros par personne est destiné aux plus modestes. Il vise à favoriser leur réinsertion sur le marché du travail.  Son coût est estimé à 10 milliards d'euros selon le Mouvement 5 Étoiles, beaucoup plus selon d'autres calculs. Il devrait concerner 6,5 millions de personnes.

Abolition de la hausse de la TVA 

La précédente loi de finances prévoyait une augmentation automatique de la TVA. L'accord conclu jeudi soir prévoit la suppression de cette hausse automatique. Cette mesure va amputer le budget de 12,5 milliards d'euros de recettes fiscales par an.

Réduction de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés

L'objectif est de réduire progressivement le nombre de tranches d'impôts sur le revenu, pour arriver à deux niveaux d'ici 2021 : 23% pour les revenus jusqu'à 75 000 euros, 33% pour les revenus supérieurs.

Par ailleurs, les impôts seront ramenés dès à présent à 15% pour plus d'un million d'auto-entrepreneurs et artisans (ayant un chiffre d'affaires de moins de 65 000 euros), a indiqué le patron de la Ligue, Matteo Salvini.

Le système des retraites réformés

L'âge de départ possible est abaissé. Il introduit un "quota 100" à partir duquel une personne peut partir en retraite. Celui-ci se calcule en additionnant la durée de cotisation et l'âge du cotisant. Cela permet par exemple à quelqu'un ayant atteint l'âge de 62 ans et ayant cotisé 38 ans de partir en retraite. Cette mesure concernera 400 000 personnes.

Cela libérera autant de places sur le marché du travail pour nos jeunes, selon Matteo Salvini.  

Le minimum vieillesse est revu à la hausse, car l'accord prévoit une pension de citoyenneté, qui augmente l'allocation à 780 euros par mois. 

Un plan d'investissements à grande échelle

Aux 38 milliards déjà alloués pour les 15 prochaines années, l'accord prévoit 15 milliards en plus pour les trois prochaines années, selon le chef du gouvernement Giuseppe Conte :

Il s'agit du plan d'investissements publics le plus important jamais réalisé en Italie.

Matteo Salvini annonce des investissements pour les écoles, les routes et les communes.  Tous les grands projets, comme le Lyon-Turin, seront réexaminés sur la base d'une analyse coûts-bénéfices. La priorité sera par ailleurs donnée aux travaux de manutention, pour assurer la sécurité sur les ponts et routes, après la chute meurtrière du pont Morandi à Gênes cet été.

Aide aux petits épargnants

Un fonds de 1,5 milliard d'euros est mis en place pour aider "les victimes des banques" c'est-à-dire ceux ayant subi des pertes en raison de la faillite ou de la mauvaise gestion de banques.

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