Au lendemain du grand rassemblement de Milan, Matteo Salvini apparaît plus que jamais comme le patron des populistes en Europe. Il a éclipsé son ancienne mentor, Marine Le Pen, qu’il n’a, d’ailleurs, même pas citée dans son discours.

Matteo Salvini et Marine Le Pen à Milan lors du rassemblement des populistes européens à Milan
Matteo Salvini et Marine Le Pen à Milan lors du rassemblement des populistes européens à Milan © AFP / Miguel MEDINA

La patronne du RN aurait tant aimé organiser cet événement en France, autour d’elle. Et c’était ce qui était prévu au départ. « Mais la la commission des comptes de campagne nous a empêchés d’organiser un meeting en France payé par notre mouvement européen (MENL) » s’est justifié Marine Le Pen, lors de sa conférence de presse à Milan. Or le Rassemblement National n’avait pas les moyens de financer un tel rassemblement. 

Manque d’argent ? Ou manque de leadership ? En coulisses, certains alliés de Marine Le Pen ont fait savoir qu’ils préféraient un meeting chez Salvini, devenu un modèle pour tous les populistes en Europe. Onze leaders se sont donc retrouvés hier dans sa ville natale, Milan, berceau de la Lega. 

Sur scène, ça ne ressemblait pas du tout à un meeting européen. « Prima l’Italia » pouvait-on lire partout. Pas le moindre drapeau, pas le moindre logo d’un allié. Il n’y en avait que pour Salvini. Et ça a d’ailleurs interpellé le ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau. 

« Viva Matteo Salvini » scande le Néerlandais Gert Wilders. « Bravissimo Salvini » enchaîne le leader danois. « Je te remercie du fond du cœur Matteo » ajoute Marine Le Pen. Tous font allégeance à leur nouveau patron, qui ne leur a laissé que 5 minutes chacun sur scène, 10 minutes pour Marine Le Pen.

"Jusqu’ici c’étaient les hommes politiques Italiens qui allaient à l’étranger pour se faire expliquer comment changer l’Europe," a appuyé Matteo Salvini dans son discours. 

Maintenant le changement en Europe passe par Milan, passe par l’Italie !

Un message qui semble s’adresser à Marine Le Pen, auprès de qui il allait encore chercher des conseils il y a trois ou quatre ans. Mais la présidente du Rassemblement National ne veut pas s’avouée vaincue. 

"Je ne comprends pas ce qui peut vous permettre de dire que le Rassemblement national pourrait jouer un second rôle", assure Marine Le Pen, "il joue un rôle principal, il l’a toujours joué."

Pour rester dans le match européen, Marine Le Pen a déjà prévu de se rendre à Strasbourg au lendemain de l’élection, le 28 mai. Elle a, elle-même, était pendant cette campagne en Bulgarie, République Tchèque, Estonie, Belgique pour raffermir des alliances. Et elle l’assure qu' "au Parlement, nous aurons quasiment autant de députés que la Lega". 

Reste qu’en Europe, Matteo Salvini est le seul à pouvoir dialoguer avec les conservateurs polonais au pouvoir, et le Premier ministre hongrois, Viktor Orban : les deux grands absents de ce rassemblement de Milan. Et ces négociations sont cruciales pour que les populistes tiennent leur promesse d’une profonde réforme de l’Union européenne.

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