Minneapolis dans le Minnesota est sous tension. La ville a été le théâtre de nombreuses manifestations en 2020, parfois violentes, après la mort de George Floyd, cet Afro-Américain de 46 ans, étouffé sous le genou d'un policier blanc. Alors que le procès de Derek Chauvin débute tout juste, Minneapolis craint le pire.

La ville de Minneapolis craint des émeutes à l'occasion du procès de l'ex-policier accusé d'avoir tué George Floyd
La ville de Minneapolis craint des émeutes à l'occasion du procès de l'ex-policier accusé d'avoir tué George Floyd © AFP / Kerem Yucel

Le procès de Derek Chauvin débute ce lundi 8 mars à Minneapolis. Ce policier blanc de 45 ans est accusé de meurtre au deuxième degré. C'est lui qui a maintenu à terre avec son genou pendant près de 8 minutes un Afro-Américain de 46 ans, George Floyd, dans le centre de Minneapolis le 25 mai 2020. George Floyd est décédé et sa mort a entrainé une vague de manifestations dans tout le pays. Les trois autres policiers présents ce jour-là seront jugés en août.

L'affaire Rodney King dans les mémoires

Certains observateurs comparent le procès, qui débute à Minneapolis, au procès emblématique tenu il y a trente ans contre quatre policiers blancs ayant passé à tabac Rodney King, un Afro-Américain, à Los Angeles en 1991. Après leur relaxe en 1992, de violentes émeutes avaient embrasé la deuxième ville des États-Unis. Lourd bilan : 55 morts et plus de 2 000 blessés.

La ville a décidé de faire appel à des milliers de militaires et de policiers. Mais des membres du conseil municipal, et des associations, craignent que de tels moyens attisent au contraire les tensions, dans une ville traumatisée par la mort de George Floyd et par les incidents qui ont suivi. 

A Minneapolis, les abords du tribunal sont barricadés à l'approche du procès de Derek Chauvin
A Minneapolis, les abords du tribunal sont barricadés à l'approche du procès de Derek Chauvin © Radio France / Claude Guibal

Des bâtiments publics érigés en forteresses

Le palais de justice où va avoir lieu l'audience (qui devrait durer deux mois) a bien évidemment été barricadé.

A Minneapolis, le bâtiment public qui abrite notamment le palais de justice a été entièrement grillagé
A Minneapolis, le bâtiment public qui abrite notamment le palais de justice a été entièrement grillagé © AFP / Tim Evans / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Doubles grillages et fils barbelés autour du palais de justice de Minneapolis
Doubles grillages et fils barbelés autour du palais de justice de Minneapolis © AFP / Tim Evans / NurPhoto / NurPhoto

Idem pour l'hôtel de ville. Les policiers impliqués étaient employés par la municipalité et ont été licenciés depuis. Mais la ville n'a toujours pas réformé ses services de police, malgré l'instance de la population. 

L'hôtel de ville de Minneapolis encadré de panneaux ce bois
L'hôtel de ville de Minneapolis encadré de panneaux ce bois © AFP / Tim Evans / NurPhoto / NurPhoto via AFP

L'année dernière, notamment en octobre après la libération sous caution du principal accusé Derek Chauvin, des émeutes avec pillages avaient eu lieu dans la ville, laissant 1 500 bâtiments endommagés partiellement ou entièrement détruits. 

La police a tenu une conférence de presse, la semaine dernière, rappelant qu'elle prépare ce procès depuis huit mois.

Afin d'éviter une atmosphère trop mortifère, les commerces ont été appelés à rester ouverts, y compris dans l'hypercentre. Mais certains commerces tirent le rideau et se barricadent, de peur des violences. C'est le cas du pub O'Donovan's, dont le patron s'est exprimé sur la chaine de télévision locale KSTP :

"Je ne veux mettre en danger ni mon personnel ni nos clients. De toute façon, il n'y a pas beaucoup de monde en ce moment dans les rues, et avec le procès nous sommes nombreux à penser que les gens hésiteront à venir".