En Italie, le mouvement a clos sa campagne avec un meeting de son leader Luigi Di Maio. L’enjeu est d’importance pour ce rassemblement qui siège à Strasbourg avec les populistes et europhobes : continuer à dominer le paysage politique italien... face à un allié encombrant, la Ligue de Matteo Salvini, donné vainqueur.

Dernier meeeting de campagne à Rome pour Luigi Di Maio
Dernier meeeting de campagne à Rome pour Luigi Di Maio © AFP / Filippo MONTEFORTE

Il a été assez peu question d’Europe dans ce meeting Place de la Bocca della Verità, dans le centre historique de Rome. Encore moins du groupe que les 5 Étoiles rejoindront après les élections : l'enjeu, c'est leur place sur la scène politique italienne. Élu premier parti d’Italie il y a un an, dimanche c’est la deuxième mi-temps qui se joue pour le Mouvement inclassable, ni de droite ni de gauche, mené par le jeune Luigi Di Maio. 

Riccardo qui, à 21 ans, votera pour la première fois lors d’un scrutin européen et salue la politique sociale du Mouvement qui dans le gouvernement d’alliance est parvenu à mettre en place le revenu minimum pour les Italiens les plus modestes : "Ce qu’il faut en Europe c’est un salaire minimum, c’est ça qui me plait dans leur programme. Ils font les choses sérieusement. Par exemple ils ont créé le revenu minimum, le revenu de citoyenneté, c’est une mesure de civilisation. Ils sont uniques dans leur genre !"

Des militants qui trouvent l’allié Salvini encombrant. Ainsi, Antonio, la cinquantaine, coach sportif : "Salvini, il passe son temps à faire sa propre propagande... Une fois il mange du pain, puis du saucisson, puis il brandit le crucifix... Au final c’est du blabla ! Di Maio, lui, il agit !"

Lors du meeting, Luigi Di Maio, vice-Président du Conseil a haussé le ton à propos de son allié, Matteo Salvini, vice-président du Conseil et Secrétaire de la Ligue : "nous avons pris une claque, puis deux, et puis nous avons haussé la voix. S’il y a une erreur que nous avons faite, c’est d’avoir été trop bons. Mais désormais nous ne nous laisserons plus faire."

En Europe, un positionnement mouvant

Les 5 Étoiles  font partie de ce groupe hétéroclite de l’Europe de la Liberté et de la Démocratie direct, pour l’heure sixième force du Parlement Européen. Le Mouvement a douze députés. Il cohabite avec l’europhobe Nigel Farage, qui a fait scission du parti anti Brexit. Cependant, les 5 Étoiles ont cherché à rejoindre le groupe des Libéraux en cours de mandat, en vain.

Un scrutin pour consolider leur place sur l’échiquier politique italien

Si la Ligue empoche un score extraordinaire et une forte avance sur les 5 Étoiles, le parti de Matteo Salvini pourrait être tenté de provoquer des élections, selon les observateurs en Italie. Ou de remanier le gouvernement en sa faveur. Les difficultés entre alliés ces dernières semaines relancent le jeu des pronostics. Et cette semaine le bras droit de Matteo Salvin, son homme de confiance Giancarlo Giorgetti, secrétaire d’État à la Présidence du Conseil des Ministres, a fait repartir les spéculations, lorsqu’il a averti "on ne peut pas continuer de la sorte. On pourra continuer l’aventure après l’élection si on se reconcentre sur le fond. Si on ne retrouve pas un esprit de groupe, ça va devenir intenable de travailler."

Selon le dernier sondage paru le 10 mai, la Ligue de Matteo Salvini est donnée en tête à 31,2%, devant le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio à 22,6%, le Parti démocrate (centre gauche) à 20,9%, le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi à 9,7% et le parti d'extrême droite Fratelli d'Italia à 5%. Anticipant ces chiffres, le leader des Cinq Etoiles, Luigi Di Maio, estime que le vote ne modifiera pas les équilibres gouvernementaux et rappelle que le Mouvement a 36% du Parlement et la majorité absolue en Conseil des ministres, "ce qui ne bougera pas".

Les Italiens votent jusqu’à 23h dimanche, l’horaire le plus tardif de l’Union. Les résultats officiels ne seront donc pas publiés avant cette heure-là dans l’ensemble de l’Europe des 28.

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