La ville de Sinjar a été reprise par les Kurdes il y a 20 jours
La ville de Sinjar a été reprise par les Kurdes il y a 20 jours © Reuters

Il y a 20 jours, les Kurdes libéraient la ville de Sinjar au nord-ouest de l'Irak. Dans cette ville aujourd'hui à 80% détruite par les bombardements de la coalition, les preuves d'un massacre contre le peuple Yézidis émergent des décombres.

On savait déjà que plusieurs milliers de jeunes filles avaient été capturées par Daech pour être vendues sur le marché des esclaves sexuelles. Ces derniers jours, des charniers ont été découverts autour de la ville.

Une mâchoire, un crane, un fémur

Nous sommes au sud-ouest de Sinjar. Au milieu d'un champ, sous l'herbe jaunie par la sécheresse, des vêtements affleurent le sol et des ossements sont éparpillés çà et là, une mâchoire, un crane, un fémur vraisemblablement déplacés par les rapaces ou le ruissellement des eaux. Face à nous trois monticules de terres de trois mètres sur dix. Sheikh Nasser, membre du PDK, le parti au pouvoir au Kurdistan, se baisse pour nous montrer les preuves du massacre : « Ca se sont des douilles de kalachnikov, c'est avec ça qu'ils ont tué notre peuple. Vous voyez ce bandana, ils ont bandé les yeux des Yézidis avant de les tuer. Dans ces trois fosses sous la terre, il y a presque 150 personnes. Des femmes et des enfants. »

115 Yézidis, hommes, femmes et enfants

Sheikh Nasser nous emmène sur un autre site à l'est de la ville. 115 Yézidis, hommes, femmes et enfants y auraient été exécutés. Un portefeuille et des sandales jonchent le sol. Nous sommes aux pieds du mont Sinjar. Le 3 août 2014, des milliers de civils s'y réfugient lorsque les djihadistes pénètrent dans la ville. Du haut de la montagne, Aylass, une cinquantaine d’années, a tout vu dans les jumelles des soldats qui s'étaient eux aussi repliés : « Ils les jetaient des camions comme des moutons. Les djihadistes se sont mis autour des Yézidis et les ont exécutés. On était réfugiés dans une grotte, on les a vus avec les jumelles. Ensuite, ils ont enterré les corps en les recouvrant de terre avec un tractopelle. »

Six charniers

C'est grâce à ces témoignages, et à ceux des rescapés que les Peshmergas, ont retrouvé six charniers dès le lendemain de la libération de la ville. Ils contiendraient près de 400 corps. Et selon les responsables locaux, il y aurait d'autres charniers encore plus importants autour de Sinjar dans des zones toujours sous le contrôle de l'organisation Etat islamique.

«Ils les jetaient des camions comme des moutons » témoigne Aylass au micro de Pierrick Bonno :

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