Après 83 ans d'activité, le plus grand marché aux poissons du monde, le marché Tsukiji en plein cœur de Tokyo, ferme ce samedi. Après plusieurs années de débats mouvementés, il va être transféré vers son nouvel emplacement, pour des raisons d’hygiène et de modernisation.

Un vendeur au milieu des rangées de thons dans l'un des halls du marché aux poissons Tsukiji, de Tokyo.
Un vendeur au milieu des rangées de thons dans l'un des halls du marché aux poissons Tsukiji, de Tokyo. © Maxppp / Kyodo

Vétuste, dangereux en cas de séisme, inadapté aux normes sanitaires... La municipalité de Tokyo a trouvé beaucoup de raisons pour déménager le marché aux poissons de Tsukiji dans de nouvelles infrastructures très modernes et plus éloignées du centre de la capitale, à Toyosu. Après 83 ans d'existence, le marché ferme donc ce samedi et c'est un crève-cœur pour de nombreux Japonais. 

Vue d'ensemble du marché aux poissons Tsukiji, à Tokyo.
Vue d'ensemble du marché aux poissons Tsukiji, à Tokyo. © Maxppp / Kyodo

Un lieu historique de Tokyo, une réputation mondiale

La première partie de Tsukiji a été inaugurée le 10 février 1935, et au fil des décennies il est devenu le plus grand marché aux produits de la mer et primeurs du monde. Ce haut-lieu de la gastronomie, ouvert aux touristes, accueillait chaque jour plus de 41.000 personnes. Près de 480 sortes de poissons y étaient vendues, mais ce sont surtout les ventes aux enchères de thon qui ont fait sa réputation.

Un spectacle unique où les prix atteignaient régulièrement des sommets. En 2013, lors de la première criée, le restaurateur Kiyoshi Kimura a déboursé 155,4 millions de yens (soit 1,2 million d'euros) pour un thon rouge de 222 kilogrammes.

Un commerçant dans le marché de Tsukiji, transportant du thon.
Un commerçant dans le marché de Tsukiji, transportant du thon. © Maxppp / Kyodo

Des commerçants réticents face au déménagement

À l’intérieur du marché, les commerçants peinent à faire leurs cartons. Les plus anciens, et ils sont très nombreux à Tsukiji, n’ont pas le courage de déménager. "Je n’irai pas à Toyosu, raconte l'un d'eux. Mon commerce est trop petit, et puis ça fait 62 ans que je travaille ici, j’ai 82 ans." Si la jeune génération consent à déménager plus loin dans la baie de Tokyo, ce n’est pas sans appréhension.

Beaucoup d’inconnues les attendent dans ce bâtiment érigé sur le site d’une usine à gaz qui a grandement pollué les sous-sols. Beaucoup ont d'ailleurs manifesté jusqu'à ces derniers jours dans les rues de Tokyo pour dire leurs craintes.

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