Le sort de Bachar al-Assad devrait constituer le principal point de divergence pour les semaines à venir
Le sort de Bachar al-Assad devrait constituer le principal point de divergence pour les semaines à venir © MaxPPP

La réunion de Vienne vendredi sur la crise syrienne a achoppé sur de nombreux points, dont le principal est le sort du président Bachar al-Assad, mais un processus a été mis en route, au moment où les Etats-Unis annonçaient l'envoi pour la première fois de soldats au sol.

Pour la première fois, tous les acteurs internationaux et régionaux étaient autour de la même table à Vienne pour venir au chevet de la Syrie. Ne manquaient que les Syriens - régime et opposition-, qui n'étaient pas présents dans la capitale autrichienne. Pendant que les principaux acteurs diplomatiques du dossier syrien, y compris pour la première fois l'Iran, étaient réunis dans la capitale autrichienne, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi d'un petit contingent de soldats d'élite en Syrie, assurant toutefois qu'ils ne participeraient pas directement aux combats.

Russie, Iran et Etats-Unis d’accord pour ne pas être d’accord

Au sortir de l'hôtel Impérial, à l'issue de huit heures de discussions serrées entre une vingtaine de délégations, le principal point de désaccord tient au rôle futur de Bachar al-Assad, tandis que Laurent Fabius soulignait que les participants s’étaient accordés sur le processus de transition, la perspective d'élections et le rôle des Nations unies. Les participants ont notamment estimé que l'Etat syrien devait être préservé et ont chargé les Nations unies de négocier un cessez-le-feu et d'organiser de futures élections générales. C’est ce qu’a expliqué le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a confirmé que son pays, la Russie et l'Iran s'étaient mis d'accord pour ne pas être d'accord sur le sort à réserver au président Assad, qui va certainement constituer dans les semaines et sans doute les mois à venir le point de divergence numéro un dans ces négociations.

Washington envoie un contingent sur le sol syrien

Pendant que les diplomates étaient à l'oeuvre à Vienne, Washington a annoncé l'envoi en Syrie, pour la première fois, d'une cinquantaine de soldats des forces spéciales ainsi que l'acheminement d'avions d'attaque au sol A-10 et de chasseurs F-15 sur une base aérienne turque voisine, afin d'accroître les capacités américaines de lutte contre les groupes extrémistes radicaux. Sergueï Lavrov a désapprouvé cette décision, rappelant qu'"une opération militaire -que ce soit dans les airs ou au sol - a besoin du consentement des gouvernements concernés et du conseil de sécurité de l'ONU. Sur le terrain, les violences se poursuivent avec la même intensité : vendredi matin, le tir par les forces du régime d'une pluie de roquettes sur le marché de Douma, une banlieue de Damas tenue par la rébellion, a fait au moins 89 morts.

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