le maréchal sissi se présente à la présidentielle en égypte
le maréchal sissi se présente à la présidentielle en égypte © reuters

Le maréchal Sissi donnait lundi soir sa première interview télévisée à trois semaines de l'élection présidentielle en Égypte. Une élection qu'il devrait largement remporter et, visiblement, le candidat le sait.

Le militaire, aujourd’hui à la retraite, est toujours aussi populaire. Il a promis une campagne discrète, sans meetings, sans débat avec son seul adversaire, le candidate de gauche Hamdine Sabahi… Du coup, cette interview télévisée était l’une des rares occasions de découvrir celui que l’Egypte adule tant.

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Abdel Fattah al-Sissi a d'abord promis que l'armée ne jouerait aucun rôle au pouvoir en Égypte après sa probable élection fin mai. Une garantie attendue, pour celui qui est déjà de fait au pouvoir, avec l'armée justement, depuis l'arrestation du précédent président élu, Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013.

Une arrestation qui avait déclenché un véritable cycle de violences dans le pays. Le gouvernement intérimaire a mené une répression implacable contre les partisans de l'ancien président, en particulier les Frères musulmans. Ces derniers sont d'ailleurs, eux aussi, directement visés dans l'intervention du candidat Sissi.

Aucune réconciliation en vue

"Il n'y aura rien qui ressemble aux Frères musulmans sous votre présidence ?", demande une journaliste. "Oui, c'est ça", tranche le militaire. Une manière de dire à nouveau sa volonté de supprimer le "problème" des Frères musulmans dans le pays, qu'il accuse à demi-mot de terrorisme.

Il y a eu deux tentatives pour m'assassiner. Mais je crois au destin, je n'ai pas peur.

Moins violents, plusieurs partis islamistes ont déjà lancé un appel à boycotter le scrutin, faussé selon eux par l'absence de réel candidat d'opposition et l'unanimité des médias du pays pour applaudir chaque mouvement de répression.

Depuis la chute de Mohamed Morsi, policiers et soldats ont arrêté 15.000 et tué plus de 1.400 manifestants en faveur de l'ancien président. Près de 700 ont été tués en une seule journée au Caire, le 14 août 2013. Le mois dernier, des tribunaux ont même condamné à mort près 800 opposants lors d'un procès de masse, montré du doigt par l'ONU.

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