Les migrants patientent devant la capitainerie du Port de Mytilène – Lesbos
Les migrants patientent devant la capitainerie du Port de Mytilène – Lesbos © Radio France / Sandy Dauphin

Ce lundi, l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie entre dans sa phase concrète. Les premiers migrants arrivés devraient être renvoyés de Grèce vers la Turquie, tandis que l’Europe va accueillir certains réfugiés actuellement en territoire turc. Mais des deux côtés, tout n’est pas prêt. Des premiers bateaux ont pourtant quitté la Grèce pour la Turquie ce lundi matin, transportant

Théoriquement, la Grèce n’est désormais plus la porte d’entrée de l’Europe pour les migrants. L’accord signé le 18 mars entre l’Union européenne et la Turquie entre en vigueur ce lundi. Il prévoit le renvoi en Turquie de tous les migrants arrivés en Grèce illégalement depuis le 20 mars. En échange, à chaque migrant renvoyé, l'Europe s'engage à accueillir sur son sol un réfugié syrien qui aura fait une demande d'asile en bonne et due forme depuis la Turquie. L'idée est de réduire la pression migratoire en Europe, et de décourager les migrants de traverser la mer Égée au péril de leur vie, mais aussi de les encourager à entrer légalement en Europe. La voie reste toutefois très étroite : il n'y aura que 72.000 installations de Syriens en Europe, pour des centaines de milliers de candidats.

Les premiers renvois ont commencé

Les premiers ferries transportant des migrants ont quitté la Grèce ce lundi matin vers six heures en direction de la Turquie. Deux bateaux sont partis de l'ile de Lesbos, transportant 131 réfugiés venus en majorité du Bangladesh et du Pakistan. Un autre ferry doit quitter Chios. De l'autre coté, les premiers Syriens "échangés" dans le cadre de l'accord sont attendus en Allemagne

Les préparatifs encore loin d’être achevés

Les premières opérations de renvoi sont prévues dans la matinée depuis l’île grecque de Lesbos, située en face des côtes turques, et concerne un premier contingent de 500 migrants.

Les précisions d’Angélique Kourounis, notre correspondante à Athènes.

Le Problème, c’est qu’en Grèce, tout n’est pas prêt pour mener à bien ces opérations.

"Ce sera impossible de renvoyer des Syriens, des Afghans, ou des Irakiens. Avant de pouvoir renvoyer quelqu’un, il faut que sa demande d’asile soit examinée puis déclarée inadmissible, et ça pour l’instant, aujourd’hui, c’est simplement impossible ". Mikele Telaro, responsable de Médecins Sans Frontières à Lesbos.

Le reportage de Géraldine Hallot.

Des premiers renforts français arrivés ce week-end

Pour aider Frontex en Grèce, le ministère français de l'Intérieur a envoyé ce week-end des policiers français sur place. 50 CRS sont arrivés samedi. 22 agents de la préfecture de police de Paris et 50 gendarmes supplémentaires viendront également renforcer les effectifs de Frontex dans les jours qui viennent.

Par ailleurs, certains réfugiés seront accueillis en France, ce qui là aussi nécessite le déploiement d’équipes dédiées pour préparer leur arrivée. 4 agents de l’Office Français de protection des Réfugiés et Apatrides arriveront ce lundi en Grèce. L’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration devrait également envoyer quelques délégués pour aider à l’enregistrement des demandes d’asile. C’est une fois que ces équipes seront en place et opérationnelles, que le travail de relocalisation pourra commencer. La France a déjà donné son accord pour l’accueil de 81 Syriens actuellement réfugiés en Turquie.

Que vont devenir les migrants renvoyés en Turquie ?

Aucun détail concret n’a été communiqué sur le lieu ni la durée de l’accueil de ces migrants en Turquie. La construction annoncée d’un premier centre à Dikili n’a pas démarré selon des médias turcs. Eau et électricité seraient par contre installés sur un terrain plus au Sud, à Cesme, où des tentes devraient être dressées selon le maire de la ville cité par l’agence Anatolie.

Mais il reste d’autres zones d’ombre. Ces migrants seront-ils ensuite directement accueillis en Europe, ou renvoyés en partie vers les camps construits ces cinq dernières années en Turquie ? Plusieurs milliers de réfugiés syriens, sur les 2,7 millions qu’accueille le pays, y vivent déjà dans de bonnes conditions de l’avis de plusieurs ONG. Seule Amnesty International. Elle estime que la Turquie n’est pas un endroit sûr pour eux. L'ONG a d’ailleurs dénoncé des expulsions vers la Syrie depuis janvier, et craint que les personnes renvoyées de Grèce ne subissent le même sort.

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