L’affaire Weinstein n’en finit pas de secouer l’industrie du cinéma. Et c’est au tour d’un des monuments du genre aux États-Unis d’être ébranlé. Comment promouvoir le dernier film d’un Woody Allen accusé d’abus sexuels sur sa fille adoptive lorsqu’elle avait 7 ans ? Difficile, à l'évidence.

Kate Winslet, Jim Belushi, Woody Allen et Juno Temple à l'avant-première de "Wonder Wheel" au MoMa de New York.
Kate Winslet, Jim Belushi, Woody Allen et Juno Temple à l'avant-première de "Wonder Wheel" au MoMa de New York. © AFP / Dimitrios Kambouris

A 82 ans, Woody Allen fait désormais partie des vétérans du cinéma américain. Ses sorties, personne ne les ignore. Mais qu’en sera-t-il de Wonder Wheel, son dernier film, qui arrive sur les écrans en pleine tempête Weinstein ? Difficile de juger le film sur le fond, tant le réalisateur d’Annie Hall ou Manhatan, accusé d’abus sexuels sur sa fille adoptive lorsqu’elle avait 7 ans (Allen a toujours démenti), peine à se sortir de l’avalanche #Metoo.

A l’automne dernier, déjà, le New York Film Festival avait renoncé à dérouler le tapis rouge lors de la projection de Wonder Wheel. Il faut dire que ce projet ne partait pas seulement plombé par le passé présumé de Woody Allen : un producteur chez Amazon, qui a financé Wonder Wheel, était lui-même suspecté de délits sexuels.

"Chasse aux sorcières"

Peu après, en novembre, c’est le réalisateur lui-même qui clouait le cercueil de sa notoriété : dans une interview à la BBC, Allen n’hésitait pas à dénoncer un "climat de chasse aux sorcières (…) dans lequel _n'importe quel type dans un bureau se retrouve obligé d'appeler son avocat pour se défendre après avoir adressé un clin d'œil à une femme_". Et, au passage, il déplorera le « triste » sort d’Harvey Weinstein (il reviendra dès le lendemain sur ses propos).

Vendredi, c’était le Goodspeed Opera House, un influent théâtre américain du Connecticut (accessoirement, les faits reprochés à Woody Allen se seraient passés dans cet Etat), qui annulait les représentations de Coups de feu sur Broadway, une adaptation sur les planches de la comédie éponyme de Woody Allen. Au prétexte que, "à la lumière du discours actuel sur le harcèlement sexuel et les comportements inappropriés, l'auteur (…) fait l'objet d'une attention accrue".

Lâché par les "siens"

Devant la caméra, le désamour n’est pas moindre : l’acteur franco-américain Timothée Chalamet (Call Me by Your Name, Lady Bird) regrettait publiquement d’avoir travaillé avec Woody Allen (sur A Rainy Day in New York). Un regret partagé par d’autre professionnels qui ont travaillé avec le réalisateur, comme Natalie Portman, Reese Witherspoon ou Rebecca Hall.

A post shared by Timothée Chalamet (@tchalamet) on

Pour autant, tous les comédiens engagés auprès de Woody Allen ne l’ont pas lâché. Ainsi Kate Winslet, à l’affiche de Wonder Wheel, a loué la finesse d’analyse du réalisateur :

Il comprend très bien les personnages féminins qu’il crée.

Mais dès que l’on aborde avec elle les déboires du réalisateur, la comédienne y voit "une discussion difficile, dans laquelle elle préférerait ne pas entrer".

L'analyse de Corinne Pelissier :

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.