Le WWF, le Fonds mondial pour la nature, est accusé par le site d'information américain Buzzfeed d'avoir soutenu les actions violentes de factions paramilitaires, engagées dans la lutte contre le braconnage en Asie et en Afrique.

Les locaux de WWF à Katmandou, au Népal, en 2006
Les locaux de WWF à Katmandou, au Népal, en 2006 © AFP / DEVENDRA MAN SINGH

Des faits de tortures, de viols et de meurtres. Des factions paramilitaires rétribuées et munies de couteaux, matériel de vision nocturne et équipement antiémeute. Les unités de lutte contre le braconnage missionnées par le Fonds mondial pour la nature (WWF) font l'objet de lourdes accusations de violence après la parution lundi d'une longue enquête sur le site d'information américain Buzzfeed, après un an de travail et plus de 100 entretiens.

Selon Buzzfeed, "le personnel de terrain de l'association en Asie et en Afrique a organisé des missions de lutte contre le braconnage avec des troupes de choc connues pour leur brutalité, et a approuvé une proposition visant à tuer des intrus rédigée par un directeur de parc qui a présidé à l'assassinat de dizaines de personnes".

WWF déjà accusé de violences envers les pygmées

Les faits dénoncés par Buzzfeed remontent, pour certains, à plus de dix ans, comme en 2007 au Népal où, accusée de torture sur un homme suspecté de braconner, l'ONG aurait fait pression sur la justice locale, grâce à l'intervention de lobbyiste.

Et plus récemment, en 2017, l'ONG Survival International avait accusé des gardes forestiers financés par le WWF de violations des droits humains "systématiques et généralisés" envers les pygmées au Cameroun, en République démocratique du Congo et en Centrafrique.

L'ONG a réagi dès mardi aux allégations d'exactions perpétrées dans six pays d'Afrique et d'Asie par des gardes forestiers équipés et financés par l'organisation en promettant une enquête "indépendante"

Dans un communiqué, WWF demande aux journalistes de Buzzfeed de partager toutes ses preuves pour "passer en revue les cas mentionnés" et s'engage à agir rapidement si ces accusations sont avérées.

Capture d'écran du communiqué de presse WWF
Capture d'écran du communiqué de presse WWF
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