La Cour pénale internationale a décidé de le libérer sous conditions Laurent Gbagbo après son acquittement de crimes contre l'humanité. Il a quitté le centre de détention de la CPI à La Haye vendredi soir et pourrait se rendre en Belgique qui "accepte d'accueillir" l'ancien président.

Laurent Gbagbo a été acquitté le 15 janvier de quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et a quitté le centre de détention de la Haye vendredi soir.
Laurent Gbagbo a été acquitté le 15 janvier de quatre chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et a quitté le centre de détention de la Haye vendredi soir. © AFP / Peter Dejong / ANP

La Belgique a dit samedi avoir "accepté d'accueillir" l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté le 15 janvier 2019 par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d'Ivoire et libéré vendredi sous conditions. 

Selon la presse belge, la seconde femme de Laurent Gbagbo, Nady Bamba, 47 ans, épousée lors d'un mariage coutumier en 2001 et avec qui il a un fils, vit actuellement en Belgique, argument qui plaide en faveur de l'accueil de l'ancien président, a explique le porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères, Karl Lagati, à nos confrères de l'AFP.

"Répondant à une demande de coopération de la Cour pénale internationale, la Belgique a accepté d'accueillir Laurent Gbagbo, étant donné ses liens familiaux [...] Cela s'inscrit aussi dans le cadre de notre soutien aux juridictions pénales internationales", a expliqué le porte-parole, précisant ne pas savoir si Laurent Gbagbo se trouvait déjà en Belgique. 

Vers un possible procès en appel ?

L'ancien dirigeant ivoirien devra, le cas échéant, "se tenir à tout moment à disposition de la CPI", a-t-il ajouté. Notamment en cas d'un procès en appel. À ce stade, l'accusation attend toujours que les juges communiquent leur décision écrite. "Ce n'est qu'après un examen et une analyse approfondis de ces motifs que mon bureau va décider ou non d'interjeter appel", a déclaré vendredi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

Laurent Gbagbo, 73 ans, a été libéré vendredi par la CPI sous conditions, dont l'obligation de résider dans un État membre en attendant un éventuel procès en appel, l'option de regagner la Côte d'Ivoire n'étant pas précisée par les juges, ni comme envisageable, ni comme interdite.

Dans la soirée de vendredi, la CPI avait indiqué que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes dont la CPI a également décidé la libération, avaient quitté leur centre de détention à La Haye pour un lieu "transitoire" en attendant que leur destination finale soit déterminée. 

Sept ans de détention

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois. 

Il avait été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État à avoir été remis directement à la CPI. Gbagbo et Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable. 

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. © AFP / Paz PIZARRO, Camille CAMDESSUS

À la majorité, les juges de la chambre de première instance ont estimé que les preuves présentées par l'accusation étaient "exceptionnellement faibles". Un seul juge a exprimé une opinion dissidente. 

L'acquittement de Laurent Gbagbo intervient à une période tendue en Côte d'Ivoire, à l'approche de la présidentielle de 2020, alors qu'Alassane Ouattara n'a pas dévoilé ses intentions et que la coalition formée avec Henri Konan Bédié, son ancien allié contre Gbagbo, a explosé.

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