migrants
migrants © Reuters

Alors que l'Union Européenne est confrontée depuis quelques mois à l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés et migrants, chaque état membre semble se mobiliser à sa manière. La Hongrie déploie 2 000 policiers, tandis que l’Allemagne lutte contre les actes xénophobes.

Les pays de l'UE, confrontés à la plus grave crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale, ont plusieurs options pour faire face à l'afflux des malheureux chassés par les conflits en Syrie et dans nombre d'autres pays, mais ne parviennent à s'entendre sur aucune. Tant et si bien que les pays européens en arrivent à prendre des mesures unilatérales radicales.

Fabrice Leggéri, le directeur exécutif de l'agence Frontex, l'agence chargé de surveiller les frontières de l'Union Européenne, était l'invité du 13h de Claire Servajean. Il revient sur la situation "désastreuse" qui touche l'Europe.

L’Allemagne combat les violences anti-immigrés

Nauen
Nauen © Reuters

La chancelière Angela Merkel s'est rendu aujourd’hui, dans un foyer de réfugiés à Heidenau, où des violents affrontements ont opposé ce week-end policiers et militants d’extrême droite. A son arrivée, la chancelière a été huée par la foule. Quelque 150 personnes présentes ont scandé "traîtresse" et "nous sommes la meute". Il s’agit de la première visite de la chancelière allemande dans un foyer de réfugiés depuis le début de la crise migratoire européenne dans laquelle l'Allemagne est en première ligne.

Cette mobilisation intervient après la destruction par un incendie suspect, dans la nuit de lundi à mardi, d'un gymnase qui devait accueillir quelques 130 réfugiés à Nauen (nord-est), à environ 20 km de la capitale. L’incendie n’avait fait aucune victime.

Berlin a dans le même temps annoncé avoir cessé de renvoyer les demandeurs d'asile syriens vers leur point d'entrée dans l'UE , suspendant l'application du règlement de Dublin, un "acte de solidarité européenne" salué par la Commission.

La Hongrie construit une barrière et mobilise son armée

Les migrants Syriens marchent le long d'une route en Serbie pour tenter de rejoindre à pied la Hongrie
Les migrants Syriens marchent le long d'une route en Serbie pour tenter de rejoindre à pied la Hongrie © REUTERS/Marko Djurica

Le gouvernement hongrois a examiné la possibilité de recourir à l'armée pour assurer la sécurité de sa frontière sud et faire face à l'afflux de migrants en provenance du Proche-Orient et de l'Afrique, a annoncé un porte-parole, mercredi. La Hongrie espère envoyer 2100 policiers à la frontière serbe pour contenir le flux de migrants. La mobilisation de l'armée pour cette mission ne pourra être ordonnée que par une décision du parlement où un débat est prévu la semaine prochaine.

Cyril Sauvageot correspondant à Berlin explique que l'Allemagne "montre désormais l'exemple"

La police hongroise a tiré des gaz lacrymogènes sur un centre de migrants mercredi, pour empêcher environ 200 migrants de quitter le principal centre de traitement de migrants à Roszke , a indiqué un porte-parole. Les migrants ont refusé le prélèvement de leurs empreintes digitales et les policiers "tentent de calmer la situation mais les migrants continuent de crier".

Par ailleurs, la Hongrie a entamé depuis un mois et demi la construction d'une barrière le long de ses 175 km de frontière avec la Serbie afin de contenir l'afflux de migrants qui tentent de rejoindre l'espace Schengen. La police hongroise a annoncé que plus de 2 500 personnes avaient pénétré en Hongrie en provenance de Serbie au cours de la journée de mardi.

Antoine Giniaux s'est rendu en Hongrie. Il a recueilli les réactions des réfugiés et des Hongrois, face au nouveau "rideau de fer"

Les migrants économiques des Balkans s'ajoutent aux réfugiés du Moyen-Orient

Des milliers de réfugiés fuyant les conflits sanglants au Moyen-Orient traversent les Balkans cherchant abri dans l'Union européenne, mais les pays de la région fournissent eux aussi leur lot de migrants économiques, notamment en Allemagne.

Le nombre de demandeurs d'asile en provenance des Balkans en Allemagne a explosé depuis le début de l'année à tel point qu'ils se rangent juste derrière les réfugiés syriens, selon des statistiques diffusés à Berlin. Par rapport au sept premiers mois en 2014,le nombre de demandeurs d'asile venant du Kosovo, de l'Albanie et de la Serbie, est passé respectivement de près de 3 000 à 32 000, de 4 500 à 29 000 et de 12 000 à 18 000 pour la même période en 2015.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.