Après 17 jours d'incertitude, l'Arabie Saoudite a fini par admettre que le journaliste Jmala Khashoggi avait bien été tué au sein de son consulat à Istanbul. Les autorités saoudiennes annoncent au même moment l'arrestation de 18 suspects et le limogeage de deux hauts responsables saoudiens.

Des manifestants déguisés en Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman devant la Maison Blanche à Washington, le 19 octobre 2018, pour dénoncer l'assassinat du journaliste saoudien  Jamal Khasho
Des manifestants déguisés en Prince héritier saoudien Mohammed bin Salman devant la Maison Blanche à Washington, le 19 octobre 2018, pour dénoncer l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khasho © AFP / Jim WATSON

Le procureur général de Ryad a publié un communiqué dans lequel il explique que des discussions dans le consulat auraient débouché sur une bagarre à coups de poings, ce qui a conduit à la mort du journaliste. Il ajoute "que son âme repose en paix" mais ne précise pas où se trouve le corps. La police turque a fouillé notamment une forêt proche d'Istanbul mais sans résultat. 

Après plus de deux semaines de démentis Ryad s'explique et la vérité est maintenant officiellement établie. 

Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS, Institut de Relations Internationales et Stratégiques : 

"La déni de ce qui s'est passé n'était plus tenable, à quelques jours des rencontres de Ryad. Les Saoudiens ont dû changer de pied et à la tragédie succède la comédie, car qui peut croire qu'une simple bagarre est à l'origine de ce décès. Pour les pays occidentaux, La question n'est pas de rompre avec l'Arabie Saoudite, mais il faudrait faire comprendre aux dirigeants saoudiens qu'ils ne peuvent pas se croire tout permis, et faire cesser leur sentiment d'impunité. Pour l'instant, l'Arabie Saoudite fait sauter des fusibles dont le chef adjoint des renseignements, ils seront probablement condamnés. Le prince Mohammed ben Salmane lui-même ne sera pas démis, mais le périmètre de ses prérogatives sera probablement réduit dans quelques mois. Il a quelques soucis à se faire pour la suite de sa carrière".

Donald Trump avait promis un châtiment sévère. Il a déjà fait un pas en arrière  en précisant qu'il ne remettrait pas  en cause les ventes d'armes. L'annonce de Ryad a été saluée comme un "pas très important" par le président américain. 

La France a dénoncé la disparition du journaliste et Bruno Lemaire ne se rendra  pas aux rencontres de Ryad, surnommées le Davos du désert. 

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a déclaré de son ôté que des investigations supplémentaires étaient nécessaires après la reconnaissance par l'Arabie saoudite de la mort du journaliste Jamal Khashoggi dans son consulat à Istanbul.  "L'incertitude demeure sur un grand nombre de choses. Que s'est-il passé? Comment est-il mort? Qui est responsable? Je souhaite que tous les faits pertinents soient clarifiés le plus tôt possible", a déclaré Mark Rutte aux journalistes à Copenhague.  

Une enquête approfondie est nécessaire. 

Sans grande surprise, les Emirats Arabes Unis, alliés de Ryad saluent les annonces faites par l'Arabie saoudite.

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