Après avoir nié en bloc, l'Arabie Saoudite a finalement reconnu samedi que l’éditorialiste du Washington Post et opposant au Prince héritier saoudien était bien mort dans le consulat d’Istanbul. Si l'occident ne se contente pas de la version saoudienne, le monde arabe soutien Mohammed Ben Salmane.

Pour le monde arabe, difficile de ne pas soutenir le prince Ben Salmane, empêtré dans l'affaire Khashoggi
Pour le monde arabe, difficile de ne pas soutenir le prince Ben Salmane, empêtré dans l'affaire Khashoggi © AFP / Karim SAHIB

Selon les autorités saoudiennes, Jamal Khashoggi serait mort "dans une rixe". "Pas convaincant", pour l'Allemagne et la France. "Mensonge" pour Donald Trump. L'occident ne croit pas à la version saoudienne alors que la Turquie continue l'enquête à la recherche du corps du journaliste et que le président Erdogan a répété, dimanche, que son pays dirait tout ce qu'il sait sur cette affaire. 

Communiqués et interventions

La Jordanie, l’Égypte, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, le sultanat d’Oman, le Koweit, l’Autorité palestinienne et même la Ligue Arabe ou l’organisation de la conférence islamique : le monde arabe sunnite fait bloc derrière l’Arabie Saoudite. Pas question de se mettre à dos la puissance régionale, dont les pétrodollars arrosent toute la région depuis des décennies et dont la stabilité est capitale face à au grand rival chiite : l’Iran.  

Communiqué des agences de presse nationales, intervention de responsables politiques, voir même d’autorités religieuses, tous les canaux ont été déployés ce week-end pour venir à la rescousse de Ryad. Tantôt pour légitimer les arrestations "courageuses et décisives" annoncées par les autorités saoudiennes, tantôt pour juger ces actions "conformes à la loi islamique", tantôt pour dénoncer une campagne de dénigrement et de chantage, ou des rumeurs colportées par des médias. Les plus zélés sont même allés jusqu’à saluer le sens de l’État de droit, de la justice et des valeurs qui animent le royaume saoudien, qui n’a pourtant cessé de changer de version. 

"Erreur monumentale"

_"On ne mord pas la main qui nous nourrit"_, résume un journaliste libanais, en soulignant que, même en occident, les contrats d’armement faramineux, la crainte de voir le baril de pétrole s’envoler et l’importance géostratégique de l’Arabie Saoudite font tergiverser les dirigeants. 

En attendant, nombre de responsables politiques ou patrons de multinationales occidentaux boycotteront le Forum international de Ryad qui commence mardi et qui était censée être la vitrine de la modernisation de l’Arabie Saoudite sous l’impulsion du prince hériter. Et le ministre saoudien des affaires étrangères a encore essayé dimanche de déminer, dans une interview à la chaîne américaine Fox news : "Le prince hériter n’était pas informé, l’opération n’a pas été autorisé par le pouvoir, c’est une erreur monumentale, aggravée par la tentative de le cacher".

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