Les quatre diplomates russes en poste en France et expusés cette semaine par Paris n'ont pas été choisis au hasard. Il s'agirait d'officiers de renseignement agissant sous couverture diplomatique.

Des membres de l'ambassade de Russie à Paris auraient été expulsés par la France
Des membres de l'ambassade de Russie à Paris auraient été expulsés par la France © Maxppp / Dominique Allié

Des officiers de renseignements agissant sous couverture diplomatique : ce profil existe dans (à peu près) toutes les ambassades du monde, et il est toléré... jusqu'à ce que le relations se brouillent, et c'est peu dire que l'affaire Skripal a tendu les relations entre l'Union Européenne et la Russie. 

En signe de soutien au Royaume-Uni, Paris a décidé cette semaine d'expulser quatre diplomates russes en poste en France, dont les profils semblent correspondre à celui d'officiers de renseignements. Ce sont les services de la sécurité intérieure française, la DGSI, qui ont compilé les agissements suspects de ces agents. Les informations ont été transmises au ministère des Affaires étrangères, qui a ensuite désigné les cibles : leur activité sur le sol français a visiblement dépassé le cadre de leurs fonctions au sein du corps diplomatique, a confié à France Inter une source au Quai d'Orsay.

L'occasion de se débarrasser d'agents gênants

Les quatre diplomates priés de faire leurs valises sont : 

  • le consul de Russie à Strasbourg, où sont concentrées de nombreuses instances européennes, "un hub d'informations considérables" selon un ancien diplomate français interrogé par France Inter
  • un membre du consulat de Russie à Marseille, une région très appréciée par l'oligarchie russe
  • l'attaché de défense à l'ambassade de Russie à Paris, un poste stratégique directement en lien avec l'ambassadeur Alexandre Orlov
  • et le chef de la mission économique : "Il n'y a qu'à le regarder, il a vraiment la tête de l'emploi", conclut l'ancien diplomate interrogé par France Inter.

Au-delà du symbole de solidarité affiché par les alliés du Royaume-Uni, il est probable que chaque pays a profité de l'occasion pour mettre hors d'état de nuire certains agents russes considérés comme gênants. 

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