Kairouan, barrage de police
Kairouan, barrage de police © REUTERS/Zoubeir Souissi

Un manifestant a été tué et une quinzaine ont été blessés aujour'dhui dans les heurts opposants les forces de l'ordre et des militants salafistes dans la banlieue de Tunis, selon un premier bilan des affrontements.

Alors que le Congrès islamiste radicaux d'Ansar Ashariaa devait se tenir cet après-midi à Karouan, à 150 km de Tunis, le gouvernement tunisien l'a interdit et déployé un dispositif de sécurité exceptionnel tout autour de la ville.

Les salafistes jihadiste d'Ansar Ashariaa ont alors décidé de se replier sur Ettadhamen, en banlieue ouest de Tunis, ou des affrontements ont éclaté entre policiers et salafistes.

Des centaines de militants d’Ansar Ashariaa -appelés via la page Facebook du groupe salafiste dans cette banlieue à deux heures de Kairouan- ont érigé des barricades à l'aide de pneus en feu dans les rues de ce quartier, jetaient des pierres sur les policiers qui ont répondu par des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation. Des blindés de la garde nationale sont arrivés en renfort ainsi que des camions de l'armée tunisienne pour tenter de disperser les militants salafistes.

Les policiers ont réussi dans un premier temps à disperser les militants d'Ettadhamen, mais les émeutiers se sont repliés vers le quartier voisin d'Intilaka, où la police et des centaines de salafistes continuaient de s'affronter en milieu d'après-midi et les forces de l'ordre essuyaient des jets de cocktails Molotov.

Le reportage de Thibault Cavailles à Ettadhamen

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E Manif tunisie + shunt 1'20''

A Kairouan, des heurts ont également opposé un petit groupe de salafistes à des policiers.

La Tunisie, déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère, a vu depuis la révolution de 2011 se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Ansar al Charia est considérée comme l'organisation islamiste la plus radicale apparue en Tunisie depuis la "révolution du jasmin" qui a renversé le régime du président Zine ben Ali.

Le parti islamiste au pouvoir Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules salafistes jihadistes. Il a cependant considérablement durci sa position après que seize militaires et gendarmes ont été blessés fin avril-début mai par des mines posées par des groupes armés liés à Al-Qaïda traqués à la frontière avec l'Algérie.

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