Un attentat au centre culturel français de Kaboul
Un attentat au centre culturel français de Kaboul © Radio France

Hier, le centre culturel français de Kaboul a été pris pour cible par un attentat suicide. Bilan : sept morts (six soldats afghans et un allemand) et une quinzaine de blessés. L'Afghanistan est secoué par une vague de violences alors que les dernières troupes combattantes de l’Otan quittent le pays à la fin du mois.

Le centre culturel français qui a été visé à Kaboul, par un jeune kamikaze jouait justement une pièce de théâtre qui dénonçait la violence en général et les attentats suicides en particulier. Le jeune homme aurait apparemment dissimulé sa charge explosive dans ses sous-vêtements pour se jouer des contrôles de sécurité. Dans un quartier qui compte pourtant parmi les plus sécurisés de la capitale, où patrouillent constamment les forces de sécurité afghanes. Le témoigange d' Harroon, un spectateur de la pièce de théâtre qui a été visée :

J’étais au centre culturel français avec ma famille, à l’intérieur des locaux du lycée Esteqlal, pour assister à une pièce de théâtre. Environ 15 ou 20 minutes après le début de la représentation, on a entendu une déflagration, un bruit d’explosion, et puis des flammes sont apparues et ensuite les gens autour se sont mis à courir dans tous les sens. J’ai juste eu le temps de voir un jeune homme au sol, il était mort probablement.

Quelques heures plus tôt, ce sont d’ailleurs les militaires de l’armée afghane qui ont été visés par un autre attentat à la bombe, soulignant la recrudescence des attaques au cœur de Kaboul ces dernières semaines, depuis l’investiture du nouveau président afghan, Ashraf Ghani. Ces attaques visent également les étrangers, suscitant un large retentissement médiatique comme il y a quelques jours où une ONG chrétienne a été prise pour cible, causant la mort d’un père de famille sud-africain et de ses deux enfants.

Cette poussée de violence intervient à moins de trois semaines maintenant du retrait d’Afghanistan des dernières troupes combattantes de l’Otan. Malgré le maintien sur place de quelque 13 000 soldats étrangers, ce sera d’autant plus à présent aux militaires afghans de résister à la pression des insurgés talibans.

Afghanistan : bientôt le chaos ?

Un soldat afghan inspecte les environs de l'attentat à Kaboul
Un soldat afghan inspecte les environs de l'attentat à Kaboul © REUTERS/Omar Sobhani / REUTERS/Omar Sobhani

Le 31 décembre, après 13 ans de présence, il restera en Afghanistan un peu moins de 10% de la force internationale de l'Otan qui a comptée jusqu'a 150 000 soldats. Cette force très réduite est désormais batptisée "soutien résolu." Sa mission principale : assurer la formation et l'encadrement d'une armée et d'une police afghane qui en dépit de son volume, 350 000 hommes, ne réussit pas à tenir le pays.

Ces dernièrs mois, à l'approche du retrait international, les talibans ont mené une serie d'attentats et d'opérations militaires au cours desquels les victimes des forces afghanes se sont comptées par milliers. Il n'y a guère aujourd'hui que l'ancien secrétaire américain a la défense pour considérer que l'Afghanistan a fait un long chemin et que les nouveaux dirigeants sont prêts à reprendre les rênes. En réalité, le vide politique est sidéral : il n'y a toujours pas de gouvernement, la corruption a explosé, le trafic d'opium et de canabis aussi.

Les talibans attendent leur moment pour revenir dans la capitale. On se demande bien à quoi ont pu servir les 100 milliards de dollars d'aide internationale injectés au fil des ans dans le pays.

► ► ►RÉÉCOUTER | "Partout ailleurs" : les talibans vont-ils reprendre l'Afghanistan ?

► ► ►ALLER PLUS LOIN | Webdoc : en Afghanistan, traduire, c'est trahir

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.