Alain Mabanckou
Alain Mabanckou © MaxPPP / C. Lefebvre

À deux jours du référendum qui doit permettre au président sortant de briguer un troisième mandat, le Congo semble profondément divisé. L'opposition parle de "coup d'État constitutionnel", et des affrontements auraient déjà fait une vingtaine de morts.

Une situation insupportable pour l'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, prix Renaudot. Au micro de Claude Guibal, il se dit terrifié par la situation explosive au Congo-Brazzaville.

Mon rôle est de dire je ne veux plus de la guerre, je ne veux plus que le peuple congolais soit pris en otage. Je suis là pour servir de médiateur, je peux parler à gauche et à droite, je ne suis pas l’otage du gouvernement, ni de l’opposition. Ma préoccupation, c’est que chaque fois que le peuple congolais est menacé, je dois être devant, quitte à prendre les balles en premier. Ma peur ce ne sont pas tant les violences qui peuvent être faites au peuple congolais, que le silence de ceux qui peuvent dire les choses et ne les disent pas. Le silence est un crime, et ce crime, je ne veux pas en faire partie.

Les Congolais sont appelés à se prononcer dimanche sur un projet de nouvelle Constitution. Ce dernier ferait sauter les derniers verrous empêchant le président Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016.

Mardi dernier, deux coalitions d'opposition ont tenté d'organiser des opérations de "désobéissance civile", sur fond d'interdiction totale de rassemblement public. Les heurts entre forces de l'ordre et manifestants ont fait de quatre à 20 morts, selon les sources.

L'opposition a préféré annuler un autre grand rassemblement prévu vendredi, dernier jour de la campagne.

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