Les opérations d’évacuation d’insurgés et de civils, démarrées dimanche dans Alep-Est, ont finalement repris après des interruptions.

Un bus du régime syrien au pont de contrôle de Ramoussa, au sud d'Alep, lors d'opérations d'évacuation, le 18 décembre 2016
Un bus du régime syrien au pont de contrôle de Ramoussa, au sud d'Alep, lors d'opérations d'évacuation, le 18 décembre 2016 © AFP / George OURFALIAN / AFP

Ce lundi matin, et après des opérations d'évacuations interrompues dimanche, dix autocars ont finalement quitté les localités chiites d'Al Foua et de Kefraïa, encerclées par les insurgés, avec des civils à leur bord. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ces deux villages sont situés dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et leur évacuation est la condition pour que des personnes puissent quitter la poche encore tenue par les insurgés à Alep-Est, en vertu d'un accord intervenu durant le week-end.

►►►ÉCOUTER | Géraldine Hallot, envoyée spéciale de France Inter, à la frontière turco syrienne a pu rencontrer certains de ces réfugiés, désormais soignés dans l'hôpital turc d'Antakya :

Évacuation interrompue dimanche

Les opérations d’évacuations avaient démarré comme prévu dimanche, pour permettre aux civils aux rebelles encore présents de quitter Alep-Est assiégée. Mais alors qu’une vingtaine de bus s'apprêtaient à entrer dans villages de Foua et Kafraya, dans la province d'Idleb (nord-ouest), où des opérations similaires étaient menées en parrallèle, ces deux localités chiites prorégime ont été attaqués et incendiés par des hommes armés issus de la mouvance jihadiste. Avant ça, 350 personnes avaient quand même pu quitter Alep dans la soirée pour arriver près de Khan al-Assal, en territoire rebelle à l'ouest de la deuxième ville de Syrie.

Ils sont dans un état terrible, ils n'ont pas mangé, ils n'ont pas bu, les enfants ont attrapé froid, on les a empêché d'aller aux toilettes (Ahmad al-Dbis, chef d'une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent l'évacuation près de Khan al-Assal)

En vertu d'un nouvel accord, une centaine de bus sont entrés dans la deuxième ville syrienne en vue de l'évacuation, "sous la supervision du Croissant-Rouge et du Comité international de la Croix-Rouge", d'après les médias officiels. A Alep, des milliers de personnes sont toujours bloquées depuis vendredi dans le quartier d'al-Amiriyah, d'où étaient partis jeudi des convois avant que l'opération ne soit suspendue par le régime le lendemain.

La situation humanitaire devient de plus en plus catastrophique pour les civils, surtout pour les enfants encore bloqués dans cette zone. D’après l’ONU, Il resterait environ 40.000 civils et entre 1.500 et 5.000 combattants avec leurs familles dans le réduit rebelle. Une fois l'évacuation terminée à Alep, le régime syrien devrait proclamer la reprise totale de la ville, signant sa plus importante victoire dans la guerre sanglante qui déchire le pays depuis 2011 et a fait plus de 310.000 morts.

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