Une chaleur record, un pays frappé par la sécheresse. L’Allemagne sort de l’été avec dans les têtes la question du changement climatique. Conséquence directe : depuis le début du mois d'octobre, les Verts s’installent dans toutes les enquêtes, en Hesse comme partout en Allemagne, comme deuxième force politique.

Tarek Al-Wazir, candidat des Verts aux élections législatives de Hesse, pose devant l'affiche électorale de son parti
Tarek Al-Wazir, candidat des Verts aux élections législatives de Hesse, pose devant l'affiche électorale de son parti © AFP / dpa / Jens Büttner

En Allemagne, cet été, les températures, au-dessus de 30°C, et les précipitations très limitées ont constitué, selon le ministère allemand de l'Agriculture, "la phase d'anomalie de température la plus marquée" depuis le début des mesures climatiques dans le pays en 1881. 

Conséquence quasi-immédiate : début octobre, les Verts se placent en troisième position puis rapidement deuxième dans les intentions de vote au niveau fédéral.

Le  14 octobre, cela se vérifie lors des élections régionales en Bavière. Les Verts, sont derrière la CDU, avec 17,5% des voix. Ils doublent quasiment leur score de 2013 (9,4%) et passent de 19 à 38 sièges. 

Le deuxième test électoral a eu lieu ce dimanche dans le Land de Hesse. Quinze jours plus tard, "Die Grünen" pourraient ressortir encore plus hauts, encore plus forts qu'en Bavière. Un peu en-decà des sondages qui oscillaient entre 20 et 22% (là encore, le double de leur score de 2013), le parti a obtenu 19,5%. Dans cette région un temps dirigée par les Sociaux-démocrates, ils talonnent le SPD (qui a plongé de 30,7% à 20%) et quelques points seulement derrière la CDU d'Angela Merkel avec qui ils gouvernent depuis 2013, et qui a chuté à 28%.

Tarek Al-Wazir (à gauche), tête de liste des Verts en Hesse et Winfried Kretschmann (à droite), seul élu des Verts à diriger un Land allemand, celui du Bade-Wurtemberg
Tarek Al-Wazir (à gauche), tête de liste des Verts en Hesse et Winfried Kretschmann (à droite), seul élu des Verts à diriger un Land allemand, celui du Bade-Wurtemberg © Radio France / Ludovic Piedtenu

Le chef de file des Verts est numéro deux du gouvernement en Hesse. Tarek Al-Wazir, un germano-yéménite de 47 ans est ministre de l'économie, de l'énergie et des transports. Si les sondages se confirment, il lui sera peut-être possible de s'emparer de la tête de l’exécutif de cette région qui abrite, avec Francfort, l'une des principales places financières en Europe. Ce serait une prise de taille et une gifle pour le camp de la Chancelière Angela Merkel, la deuxième après la Bavière et celle reçue par le "parti-sœur", les alliés chrétiens-sociaux de la CSU.
 

Les Verts profitent du mauvais climat au sein de la "grande coalition"

La préoccupation environnementale des électeurs allemands ne suffit pas, seule, pour justifier cet engouement soudain pour les Verts. Il faut aussi regarder du côté de Berlin et de la "grande coalition" qui passe plus de temps à se quereller qu'à régler les problèmes du pays. C'est en tout cas la perception très négative qu'en ont ces temps-ci de très nombreux Allemands. 

Les Verts gagnent du terrain sans trop d'efforts. Même s'ils ont renouvelé leur direction au mois de janvier. Et que le changement de tête leur semble profitable. 

Ils ont aussi renouvelé leur logiciel en choisissant la voie du pragmatisme. Ils ne sont plus ce parti de gauche radicale qu'ils étaient à leurs débuts. Ils sont très centriste et peuvent ainsi récupérer les déçus des deux partis traditionnels. Ils ont enfin gagné une meilleure réputation en gouvernant, dans les 9 Länder sur 16 qu'ils dirigent en coalition avec la gauche, la droite ou les deux.

Le paysage politique allemand connaît un "déplacement tectonique des plaques" au profit des Verts, résume l'ancien chef du parti, Cem Özdemir.

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