Le syndicat va multiplier les appels à la grève dans tout le pays à partir de lundi, pour faire pression sur le patronat avant le prochain tour de négociations salariales, le 18 janvier. Le syndicat demande une augmentation de 6% et la semaine de 28 heures.

IG Metall va entamer des grèves dites d'"avertissement" pour faire plier le patronat
IG Metall va entamer des grèves dites d'"avertissement" pour faire plier le patronat © AFP / DPA / Sebastian Gollnow /

Des petites actions au niveau local ont commencé dès mercredi en Allemagne. IG Metall a par exemple invité les salariés de Porsche à débrayer pendant une heure jeudi à l'appui des revendications salariale du syndicat de ce secteur qui emploie quelque 3,9 millions de salariés.

IG Metall a en effet commencé à négocier un nouvel accord de branche depuis le 15 novembre prochain.  Et c'est seulement si la négociation échoue que le syndicat peut lancer des grèves d'avertissement.  

Dans le nord du pays, l'antenne régionale d'IG Metall a lancé un appel à des débrayages de plusieurs heures dans plus de 140 entreprises à compter de lundi et jusqu'aux négociations le 18 janvier. "Nous voulons que les employeurs nous disent d'ici la fin janvier où nous en sommes", a explique le dirigeant de cette antenne régionale, Meinhard Geiken, S'ils refusent de bouger d'ici là, il envisage d'ores et déjà un vote sur des débrayages de 24 heures. 

Des revendications salariales mais aussi sur le temps de travail

IG Metall demande une augmentation salariale de 6 %, tandis que l'organisation patronale Gesamtmetall propose une revalorisation de 2 % accompagnée du versement d'une prime de 200 euros au premier trimestre.

Pour Gesamtmetall, les métallurgistes gagnent déjà plus de 56 000 euros par an en moyenne (soit 4 600 euros par mois) et les augmentations salariales au cours des cinq dernières années représentent 20  %. L'an dernier d'ailleurs, IG Metall avait réussi à négocier une augmentation de 4,8 % des salaires des employés du secteur sur 21 mois.

La qualité de vie mise en avant

L'autre revendication centrale du syndicat porte sur la durée du travail. IG Metall veut qu'un salarié puisse abaisser son temps de travail à 28 heures par semaine, sans avoir à se justifier, et ceci pendant une période allant jusqu'à deux ans.

Pour le syndicat, pouvoir dégager du temps pour ses proches est une revendication logique, justifiée également par la flexibilité demandée depuis des années aux salariés : "la flexibilisation des horaires de travail dans les entreprises ne doit pas être un fardeau unilatéral supporté par les employés, eux aussi doivent pouvoir en faire usage", a dit Jörg Hofmann, qui souhaite que la rémunération, en cas de temps partiel, ne soit pas diminuée si l'employé aménage son temps de travail pour se consacrer à ses enfants, à un parent âgé ou pour se former. Une manière de répondre à l'objection patronale d'aggravation de la pénurie de la main d'oeuvre.

Gesamtmetall a jugé que ce projet est "illégal" et menacé de porter l'affaire en justice.  

IG Metall est le principal syndicat des presque quatre millions d'employés du secteur de la métallurgie en Allemagne, vaste branche qui recouvre l'automobile, l'électronique, les machines-outils ou encore l'électroménager.

Lorsqu'il sera trouvé, le prochain accord dans la métallurgie donnera le ton de l'évolution des salaires dans toute l'industrie allemande.   

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