Plus d'un million de migrants ont été accueillis en Allemagne depuis 2015. Mais aujourd'hui, les portes se sont refermées, et le sujet n'agite que le parti d'extrême droite AfD.

Des migrants reçoivent de la nourriture dans un foyer d'accueil à Berlin
Des migrants reçoivent de la nourriture dans un foyer d'accueil à Berlin © Reuters / Stefanie Loos

Les candidats aux législatives préfèrent ne pas trop évoquer le sujet de l'immigration. A l'exception d'une formation, l'AfD, qui pourrait bien entrer au Parlement avec 10% des voix.

Le plus gros risque pris par Merkel : accueillir un million de réfugiés

La chancelière conservatrice Angela Merkel, d'habitude très prudente et pragmatique, ai pris un seul vrai risque au cours de ses trois mandats : ouvrir en 2015 les frontières de l'Allemagne aux migrants. Au risque de se mettre à dos les pays d'Europe de l'Est et d'Europe centrale, qui, eux veulent fermer leurs frontières. Au risque de perdre une bonne partie de son électorat conservateur (la popularité de Merkel avait d'ailleurs chuté de 30 points en 2016 pour tomber à 45%). Et au risque d'alimenter la xénophobie, en permettant au parti d'extrême droite anti-immigration AfD de gagner du terrain. 1,3 million de demandes d'asile ont été enregistrées depuis le 1er janvier 2015 par l'office allemand des migrations.

Le chemin a été long et difficile, mais nous sommes parvenus à un stade où la question des réfugiés n'est plus un élément négatif pour Merkel dans la campagne électorale

Merkel assume aujourd'hui encore sa décision de 2015 mais son discours a changé :

Ce qui s'est produit il y a deux ans ne peut pas et ne doit pas se reproduire

Angela Merkel a su gérer la situation car elle a été aidée par le fait que le nombre des arrivées de demandeurs d'asile a fortement baissé en 2016 (280 000) et devrait encore diminuer cette année. La chancelière estime que c'est grâce à l'accord qu'elle a conclu au nom des Européens avec la Turquie en mars 2016, et où Ankara s'est engagé à réduire le nombre de migrants arrivant en Europe, que le nombre d'entrées a chuté.

Ses adversaires jugent au contraire que c'est la fermeture des frontières des pays situés sur la route des Balkans - à laquelle Merkel s'est publiquement opposée - qui a été le véritable facteur de réduction de l'immigration.

Des pays comme la Macédoine ou la Hongrie auraient "fait le travail" pour Merkel, lui permettant de conserver une image de dirigeante bienveillante.

L'économie allemande a été assez forte pour absorber l'afflux de réfugiés sans séisme social. L'Etat fédéral a dépensé 20 millions d'euros pour l'accueil, l'hébergement et la formation de ces réfugiés. Cours de langues, d'histoire de l'Allemagne, rojets locaux, bénévoles, associations etc. tout le monde en Allemagne s'y est mis pour faire en sorte que l'accueil se déroule le mieux possible.

L'Afd, force d'opposition anti-islam et anti-immigration

L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) est le seul pays à faire de l'immigration son thème de campagne. Il est également le seul challenger de la coalition de droite CDU-CSU de Merkel. L'AfD remonte dans les sondages à la veille des législatives, même si la CDU-CSU reste en tête. L'AfD compte bien devenir la première formation à la fois nationaliste et anti-immigration à former un groupe parlementaire depuis la fin du nazisme. Ce qui caractérise l'AfD, et surtout son leader Georg Padzerski, ce sont les débordements verbaux.

Fondé en avril 2013, l'AfD a connu son "heure de gloire" à l'été 2015 quand la crise des réfugiés prend toute son ampleur.

L'AfD s'oppose à cette immigration "complètement incontrôlée", brandit la menace d'une "invasion islamique". On peut lire sur ses affiches de campagne :

L'islam n'appartient pas à l'Allemagne !

Les sondages ont noté une légère hausse de l'AfD en fin de campagne avec 10-12% des intentions de vote.

Georg Padzerski, candidat de l'AfD, parti anti-immigration
Georg Padzerski, candidat de l'AfD, parti anti-immigration © Reuters / Hannibal Hanschke
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