La coalition CDU-CSU d'Angela Merkel part favorite pour les législatives de ce dimanche. La chancelière joue sur la stabilité et l'économie florissante pour être rééelue.

Angela Merkel, chancelière allemande depuis 2005
Angela Merkel, chancelière allemande depuis 2005 © Reuters / Morris MacMatzen

Prudente, pragmatique, discrète : trois adjectifs pour décrire Angela Merkel. Mais certains ajoutent : austère, peu charismatique, distante. La chancelière est la recordwoman de la longévité en Europe. La dirigeante allemande agée de 63 ans a déjà vu défiler trois présidents américains, quatre français et trois premiers ministres britanniques. Elle, elle est toujours là !

Elle est normale

Les Allemands, éprouvés par leur histoire, seraient en quête de normalité. Le monde étant des plus tourmentés, Angela Merkel, qu'ils appellent "Maman", répond en cela à leurs attentes. D'ailleurs, notant que le SPD n'excluait pas une large coalition de gauche avec Die Linke et les Verts dimanche, solution encore jamais tentée au niveau fédéral, Angela Merkel a déclaré jeudi :

Nous traversons un époque troublée. Nous ne pouvons pas nous permettre des expériences de ce genre. Par les temps qui courent, nous avons besoin de stabilité et de sécurité, et d'une voie claire, sur le plan intérieur et international.

Elle est forte

Vue de l'étranger, elle a pris une dimansion de plus en plus importante au fil des crises européennes. Elle a commencé par s'attaquer à certains pays européens qu'elle a voulu "faire payer" pour leurs imprudences et inconsistance économiques comme la Grèce, celle qui a imposé l'austérité en Europe, le plafond de déficit fixé à 3% du PIB.

Angela Merkel et Donald Trump au G20 à Hambourg, en Allemagne, en juillet 2017
Angela Merkel et Donald Trump au G20 à Hambourg, en Allemagne, en juillet 2017 © Reuters / Philippe Wojazer

Puis elle est apparue comme la principale adversaire européenne de Donald Trump, celle qui soupire ou lève les yeux lorsqu'elle doit cotoyer le président américain au G20, celle qui applique une politique à l'opposé de ce que lui a l'intention de faire.

Elle a des valeurs plus que des convictions politiques

Selon la journaliste Marion Van Renterghem qui a écrit une biographie de Merkel ("Angela Merkel, l'OVNI politique" publié aux éditions Les Arènes en août dernier), elle doit plus sa longévité aux valeurs qu'elle porte qu'à des convictions politique ou à une quelconque stratégie politicienne. Merkel est la seule dirigeante en Europe à avoir connu deux mondes : celui de la dictature et celui de l'Europe telle qu'on la connaît aussi. Angela Merkel vient de l’Est : "elle sait ce que la liberté veut dire".

Elle prend très peu de risques

Son style est marqué par un ultra-pragmatisme guidé par les rapports de force du moment, plutôt que par des convictions personnelles. Ses deux seules prises de risques en matière de politique intérieure sont la sortie du nucléaire décidée au printemps 2011 à la suite de la catastrophe de Fukushima, et surtout en septembre 2015, sa décision d'ouvrir le pays à 900 000 demandeurs d'asile. Elle va ainsi à rebours du reste de l'Europe, mais aussi de son électorat. Sa popularité plonge, les populistes gagnent du terrain. Elle reprend alors la main en adoptant une série de mesures et en négociant un accord avec la Turquie pour réduire considérablement les arrivées de réfugiés en Europe.

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