L'armée israélienne a tué des dizaines de Palestiniens et en a blessé des centaines d'autres lundi dans la bande de Gaza, après que des manifestants se sont rassemblés pour protester contre le transfert, décidé par Donald Trump, de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem.

Un Palestinien manifeste à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 14 mai 2018.
Un Palestinien manifeste à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 14 mai 2018. © AFP / MAHMUD HAMS

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le jour de l'inauguration de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem. Au moins 55 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats israéliens et des centaines d'autres ont été blessés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé de l'enclave palestinienne. "Huit enfants de moins de 16 ans font partie des victimes", a précisé un ambassadeur palestinien à l'ONU.

Il s'agit du plus lourd bilan depuis le début de la "Grande marche du retour", le 30 mars. Des milliers de personnes se sont rassemblées chaque vendredi pour dénoncer ce transfert de la représentation américaine en Israël vers la Ville Sainte.

A Gaza, des dizaines de Palestiniens tués lors du déménagement de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem
A Gaza, des dizaines de Palestiniens tués lors du déménagement de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem © Visactu / Visactu

"Un grand jour pour Israël"

Au cours de cette même journée, la plus sanglante du conflit israélo-palestinien depuis 2014, l'aviation israélienne a bombardé plusieurs positions du Hamas à Gaza.

Pendant ces affrontements à Gaza, la nouvelle ambassade des États-Unis a été inaugurée à Jérusalem. Donald Trump a salué ce transfert comme étant "un grand jour pour Israël". Enregistré dans un message vidéo, le président américain a déclaré : "Félicitations, cela faisait longtemps qu'on l'attendait." De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu s'est adressé à Donald Trump en lui disant : "Vous avez écrit l'Histoire".

Plusieurs appels au "calme" et à la "retenue"

La France a exhorté les autorités israéliennes au "discernement" et à la "retenue dans l'usage de la force". Dans son communiqué, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que "la France désapprouve la décision américaine de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Cette décision contrevient au droit international."  Jean-Yves Le Drian a ensuite précisé que "la France appelle l'ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement".

Le gouvernement britannique est allé dans le même sens et a appelé "au calme et à la retenue pour éviter des actions destructrices pour les efforts de paix" dans la région.

Le gouvernement palestinien établi en Cisjordanie occupée a quant à lui accusé Israël d'avoir commis un "horrible massacre" à Gaza.

Ce mouvement de contestation doit prendre une ampleur encore plus importante mardi. Les Palestiniens doivent manifester pour ce qu'ils appellent la "Nakba", la "catastrophe" en arabe, qui marque l'expulsion de centaines de milliers de personnes lors de la création de l'État d'Israël en 1948. Il y a tout juste 70 ans.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.